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Séquence 5 : Animation pour les 15 ans et plus

Objectifs de Séance

  • Je découvre que la tolérance est fondée sur la possibilité de se tromper, accordée à tous.
  • J’apprends à écouter et obéir à ma propre conscience dans ma démarche de foi, afin d’essayer d’être toujours vrai et sincère devant Dieu.
  • J’apprends à considérer l’errance d’une personne comme une étape dans son cheminement spirituel, dans ma recherche de la vérité et de la vraie liberté.
  • Je comprends que la foi est une rencontre avec Dieu qui passe par les chemins de la volonté, du cœur et de l’esprit.
  • Je comprends que l’on ne peut envisager le recours à la force comme moyen possible de convaincre quelqu’un de la vérité ou comme moyen de l’amener à avoir la foi. Il est important d’être dirigé par l’amour du prochain et par le Saint-Esprit dans notre démarche de témoignage.
  • Actes 9.10-19 (sincèrement dans l’erreur…) + Romains 7.18-20

 

Accroche : les illusions d’optique

Pour aborder la problématique des divergences de points de vue sur un même support / objet d’étude, on peut partir d’une image qui n’est généralement pas perçue ou lue de la même façon par tout le monde.

Consigne : Voici une image un peu spéciale: tout le monde n’y verra peut-être pas la même chose! Dites en un mot ce que vous voyez, et justifiez votre réponse en décrivant les détails qui vous ont amené à donner cette interprétation de l’image.

Trompe l'oeil 2 1    Trompe l'oeil 3  2

Illustration n°1 : soit on voit une vieille dame au nez crochu coiffée d’un fichu, soit on voit une jeune femme brune vue de profil, qui tourne la tête vers l’arrière.

Illustration n° 2 : soit on voit la fenêtre d’en haut, soit on la voit d’en bas…

NB : Vous pourrez trouver d’autres exemples sur le site d’ophtalmologie appelé ophtasurf : http://ophtasurf.free.fr/illusionartp1.htm

Conclure sur la relativité/subjectivité de nos perceptions !

 

Le texte biblique : Actes 9.10-19 (Sincèrement dans l’erreur…)

Lire ce récit sur la vie de Paul avant et après sa conversion.

Ce texte a été choisi pour montrer à quel point on peut être sincère et pieux d’un point de vue extérieur, mais pourtant être totalement dans l’erreur… Il montre aussi que les méthodes humaines où l’on a recours à la contrainte et la force dans le domaine de la foi et des convictions ne sont pas celles de Dieu. Dieu au contraire veut changer le cœur de Paul qui utilisait la force contre les chrétiens. C’est exactement le point de vue de Pierre Bayle face à la persécution des protestants par Louis XIV (Cf. ci-dessus : « Questions théologiques »).

Insister en particulier sur les changements apportés par sa « rencontre » avec Christ non seulement sur son être intérieur, mais aussi sur sa façon d’aborder les croyants d’une part, mais aussi les non croyants. Il deviendra alors un fidèle et puissant témoin de Christ et un missionnaire engagé dans la propagation de la foi.

En tant que pharisien, Paul était un notable parmi les religieux de l’époque, et un fervent défenseur de la loi et de la doctrine fondamentaliste à laquelle il adhérait. Après la résurrection du Christ (où se situe cet épisode des Actes des apôtres), son engagement l’a amené à combattre les chrétiens et les traquer en vue de les éliminer, ou tout au moins de les empêcher de propager leurs idées et leurs croyances en cet homme nommé Jésus qu’ils considéraient comme le Messie tant attendu par les israélites.

Sur la route de Damas, il fit une expérience majeure qui transforma sa vie, puisqu’il fut aveuglé et interpellé directement par une voix qui lui disait : « Pourquoi me persécutes-tu ? ». Ayant reconnu à ce moment-là qu’il s’agissait évidemment de ce Jésus qu’il combattait de toute ses forces, il décida de suivre les instructions de cette voix afin de recouvrer la vue, et il marqua son engagement en parlant, partout où il le pouvait, de Jésus comme du Messie promis, et de l’œuvre qu’il avait accomplie sur la croix pour le salut de l’humanité.

Son témoignage est celui d’un homme sincèrement convaincu de son erreur, qui a su reconnaître qu’il s’était trompé, et qui, après cette expérience marquante, s’est laissé guider par ses nouvelles convictions intérieures, le Saint-Esprit en lui. Il a réorienté son engagement et sa vie en cohérence avec sa foi en Christ.

Reprendre les éléments les plus significatifs de la biographie de Pierre Bayle et ce qui l’a amené à promouvoir la notion de « tolérance de la conscience errante » (Cf. fichier audio ou DVD du spectacle).

 

Vidéo : la fable du vent et du soleil

Regarder la vidéo puis faire réfléchir sur la méthode qui s’est avérée la plus efficace pour convaincre le voyageur d’enlever son écharpe : la force du vent opposée à la douceur du soleil.

adresse: https://www.youtube.com/watch?v=qPMBdPrcp2A)

 

Être témoin

Ouverture sur la vie des participants par des questionnements :

Comment ce récit s’applique-t-il à moi concrètement ? Comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ceux qui pensent et croient différemment de moi ? Suis-je tolérant, ou est-ce que je cherche à les convaincre pour montrer que j’ai raison, que c’est moi qui suis dans la vérité alors que l’autre est dans l’erreur ?

Qu’en est-il de mon témoignage ? Est-ce que ma vie est en accord avec les idées et les principes auxquels je crois profondément ? Avec la foi que je prétends avoir ? Avec les valeurs que je proclame être vraies et justes ? Est-ce que ma démarche de témoignage, d’échange ou de partage avec mon prochain est motivée par l’amour et le respect de ce qu’il est et de ce qu’il croit fermement ou même de ses doutes ?

Donner quelques exemples concrets dans lesquels les participants peuvent se retrouver. Pour les plus jeunes, insister surtout sur l’accueil plus ou moins chaleureux et amical qu’ils réservent parfois à ceux qui sont différents (les handicapés, les obèses, les noirs, ceux qui ne sont pas très « à la mode » dans leur habillement ou leurs jeux, etc.)

La leçon à tirer de cette vidéo peut trouver une application lorsque l’on témoigne de sa foi.

En effet :

  • Soit que l’on veuille user de violence pour forcer quelqu’un à croire,
  • Soit que l’on veuille lui imposer des préceptes et des règles de vie pour qu’il cesse de commettre des « péchés »,
  • Soit que l’on multiplie les arguments pour chercher à le convaincre de croire en Dieu,

Cela ne sert souvent de rien, car :

  • La foi est avant tout affaire de cœur, et une conversion verbale sans l’adhésion du cœur n’est rien d’autre que du vent,
  • pour celui qui est perdu, il ne suffit pas de changer de mode de vie, il faut accepter l’autorité de Dieu dans sa vie
  • Le meilleur « argument » de Dieu pour tous les hommes reste son amour inconditionnel, comme le soleil a déversé sa chaleur en abondance pour convaincre le marcheur de retirer son vêtement.

 

Discussion : Chrétien ? Protestant ? Frère ?

Réflexion sur ce que signifie être « chrétien », et être « protestant ».

On peut commencer par présenter des étiquettes avec les mots : « évangéliques », « baptistes », « presbytériens », « luthériens », « calvinistes », « apostoliques », « mennonites », « amish », « quakers », « catholiques », « orthodoxes », « anglican » etc. pour aborder toute la diversité de l’Église universelle aujourd’hui, avec toutes les différentes dénominations qui la composent.

Montrer surtout que cette pluralité ne signifie pas que certains groupes d’Eglises sont dans l’erreur alors que d’autres détiendraient la vérité suprême. La vérité est plutôt une quête individuelle et collective qui se poursuivra inlassablement jusqu’au retour final de Jésus-Christ. C’est un cheminement qui se fait souvent par paliers, comme la reconstitution d’un puzzle qui peut prendre plus ou moins de temps, mais tant qu’on n’a pas totalement reconstitué l’ensemble de ce puzzle, on est encore partiellement dans l’erreur. Heureusement, Dieu, qui connait nos cœurs, sait être patient et rempli de grâce envers nous.

Montrer que pour les chrétiens qui composent l’Église en général, cette quête a été constamment entretenue et renouvelée par les défis qui nous étaient lancés par le monde, soit par les épreuves qu’il nous infligeait, soit par les positions contradictoires qu’il nous opposait. Aujourd’hui encore le monde nous interroge et nous remet sans cesse en question, il est donc important de pouvoir proclamer et justifier nos croyances et nos convictions en s’appuyant sur l’aide du Saint-Esprit et une bonne connaissance de la Parole de Dieu.  C’est son étude régulière et approfondie qui va alimenter notre foi et notre espérance pour nous rapprocher le plus possible de la vérité, et c’est notre attitude de tolérance et d’amour envers ceux que nous considérons être « dans l’erreur » qui va donner du poids à notre témoignage.

La tolérance s’impose donc comme une manifestation nécessaire de notre amour et respect de l’autre en tant qu’être humain, et de notre humilité devant la vérité qui n’appartient qu’à Dieu seul.

C’est en tolérant leurs errances qu’on leur permettra d’être cohérent avec leurs convictions profondes, et c’est en comptant sur l’action conjointe du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu qu’on leur permettra d’avancer dans leur quête vers la vérité.

Pour un groupe assez avancé, on peut aborder la question des limites de la tolérance : Qui puis-je appeler mon « frère » (ou ma « sœur ») dans la foi, et qui ne l’est pas ? Sur quels critères va-t-on se baser pour répondre à cette question ? Jusqu’à quel point puis-je envisager de collaborer dans l’œuvre de Dieu avec quelqu’un qui ne partage pas totalement les mêmes croyances/convictions que moi ?

Voici, pour alimenter la réflexion, une citation de Saint Augustin qui peut être intéressante à méditer sur le thème de la tolérance :

« À force de tout voir, on finit par tout supporter…

À force de tout supporter, on finit par tout tolérer…

À force de tout tolérer, on finit par tout accepter…

À force de tout accepter, on finit par tout approuver ! »

Attention ! Saint Augustin n’est pas un modèle de tolérance : il est celui qui a demandé à l’empereur d’utiliser la force pour contraindre les hérétiques de son temps à revenir dans le giron de l’Église. C‘est lui qui a osé dire : « L’Église persécute par amour. »

Activité

Réécriture à partir du poème « Si… » de Rudyard Kipling.

Voici le poème de Rudyard Kipling, daté de 1910, intitulé « If » tiré du site de calligraphie et d’enluminure de « Guérande ».

http://www.atelierguerande.com/124-si-de-kipling-tu-seras-un-homme-mon-fils.php

Kipling

Le texte de « Si… »

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, 

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties 

Sans un geste et sans un soupir ; 

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, 

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, 

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, 

Pourtant lutter et te défendre ; 

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 

Travesties par des gueux pour exciter des sots, 

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles 

Sans mentir toi-même d’un mot ; 

 

Si tu peux rester digne en étant populaire, 

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, 

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, 

Sans qu’aucun d’eux ne soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître, 

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 

Penser sans n’être qu’un penseur ; 

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 

Si tu peux être brave et jamais imprudent, 

Si tu sais être bon, si tu sais être sage, 

Sans être moral ni pédant ; 

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, 

Si tu peux conserver ton courage et ta tête 

Quand tous les autres les perdront, 

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 

Seront à tout jamais tes esclaves soumis, 

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire :

Tu seras un homme, mon fils. 

 

Consigne:

Rédiger un slam (avec rythme et accompagnement musical) d’un père à l’attention de son fils sur l’attitude à adopter vis-à-vis de ceux qui sont différents et pensent différemment de nous. On peut éventuellement imposer des mots-clés comme : vérité / erreur, accepter / refuser, sincérité, sévérité, faible / fort, conscience, respect / violence, etc.

Il est important de prévoir un moment de partage du texte avec la communauté lors d’un culte.

Être témoin

Donnez vous-mêmes un mot, ou demandez à une personne de la paroisse de venir témoigner : « comment dans son contexte de travail elle essaye de signifier, de montrer qu’elle est chrétienne, qu’elle suit le Christ, tout en respectant les autres ». Comment elle tente de trouver l’équilibre en « rendant compte de l’espérance qui est en elle », et en même temps de ne pas l’imposer aux autres.

 

Temps de prière

Pour la prière, utiliser Romains 7.18-20 comme support de prière d’humilité qui dépose devant Dieu la difficulté à agir comme on aimerait. Cette prière peut se faire dans le silence avec un fond musical doux.

Ne surtout pas oublier de clore ce moment par une proclamation de la grâce en utilisant les deux versets qui suivent :

Romains 7.25 et 8.1 : Dieu soit loué, par Jésus-Christ notre Seigneur. […] Maintenant donc, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ.

Le texte de Rudyard Kipling peut être utilisé comme envoi de ce petit temps de culte.

Séquence 4 : Animation pour les 15 ans et plus

 

Objectifs de séance

  • J’apprends à résister, guidé par l’espérance et la confiance en l’amour de Dieu.
  • Je découvre la lutte non violente et je développe mes capacités à l’exercer.

 

  • Éphésiens 6.10-18 : Les armes que Dieu fournit
  • Matthieu 5.10-12 : « Heureux ceux qui sont persécutés ! »
  • Romains 8.31-39: « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

 

Texte Biblique : Mathieu 5.10-12

Il s’agira d’abord de le remettre dans l’ordre.

  1. Donner aux participants le texte avec les versets non numérotés et dans le désordre
  2. Leur demander de reconstituer le texte par groupe de deux ou trois
  3. Lire le texte avec échange oral pour s’assurer d’une bonne compréhension.

Débat :

Comment être heureux si on nous insulte, on nous maltraite ? C’est Jésus, lors du « sermon sur la montagne » qui parle ainsi à ses disciples : heureux si l’on vous persécute parce que vous croyez en moi !

Voulons-nous être des disciples de Jésus ? Il nous invite à ne pas flancher, à être courageux dans l’affirmation de notre foi, à témoigner sans crainte à cause du « royaume qui vient ». Demander aux jeunes de donner des exemples de leur quotidien ou s’ils connaissent des pays ou être chrétien est dangereux. Aujourd’hui, 215 millions de chrétiens sont gravement persécutés dans 50 pays. Citer l’association “Portes ouvertes” qui recense et vient en aide aux chrétiens persécutés.

 

  • Une vidéo de 3mn à montrer aux jeunes sur Youtube :

 

 

Éphésiens 6.10-18 (les armes que Dieu fournit)

Comment réagir concrètement face aux pressions ou aux agressions que nous pouvons subir en raison de notre foi ?

Dans l’épître aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous invite à puiser notre force dans l’union avec le Seigneur : le combat du croyant est d’abord intérieur. Le texte nous parle de l’armement spirituel qui va nous protéger et assurer la victoire : vérité, droiture, foi, accueil du salut et de la parole de Dieu, prière, vigilance. Tout cela nous est donné si nous aimons le Seigneur de tout notre cœur !

Le texte insiste aussi sur l’importance de la prière, arme non violente très efficace : demandons à Dieu de nous inspirer les mots justes en toute circonstance …

Animation : la non-violence s’affiche

Il s’agit de réaliser une affiche format A3 pour valoriser la non-violence

  1. Les participants peuvent partir d’une situation vécue ou observée : harcèlement, injustice, agression…
  2. Choisir un slogan.
  3. Montrer et expliquer son travail au reste du groupe ou échanger les affiches et analyser le message qu’elles contiennent.

 

Chant : Ghandi, Luther King ou Jésus Christ

Paroles et musique de Noël Colombier

 

Refrain

Ils ne mettaient jamais la main sur un fusil

Gandhi, Luther King ou Jésus-Christ

Dites-moi donc pourquoi on leur a pris la vie

Gandhi, Luther King ou Jésus-Christ

 

Est-ce un tort de vouloir libérer son pays

Pour être à part entière Indien ou Bengali ?

Et pourquoi a-t-on traité comme un assassin

Le premier qui a fait la grève de la faim ? – Refrain

 

Est-ce mal, dites-moi, de proclamer bien haut

Qu’on n’juge pas les gens sur le teint de leur peau ?

De souhaiter que noirs et blancs prient dans les mêmes lieux

Quand chacun dans son cœur adore le même Dieu ? – Refrain

 

Est-ce mal d’avoir dit juste avant d’être ‘tué

« Il faudra vous aimer comme je vous ai aimés » ?

Mourir en pardonnant à ses propres bourreaux

Pour qu’on prenne au sérieux ce command’ment nouveau – Refrain

 

Prière : Romains 8.31-39 ou Psaume 91.1-7

Dieu nous guide pour nous affranchir des choses matérielles et nous conduire aux sources d’un renouveau spirituel fondé sur la confiance.

Un temps de prière libre où chacun peut s’exprimer :

Merci pour …

Pardon pour…

S’il te plaît …

Séquence 3 : Animation pour les 15 ans et plus

OPTION 1 : LA MANIPULATION

Objectifs de Séance

  • Je découvre que le groupe n’a pas toujours raison et que tout le monde peut être manipulé.
  • Je découvre et j’apprends à identifier les influences que je subis et j’essaie de trouver le chemin de ma liberté.
  • J’identifie à qui je fais confiance pour croire ce que je crois. Je comprends la nécessité de faire des choix « en conscience »

Texte biblique de référence :

  • Option 1 : Jean 19.1-16 (la foule exige la mort de Jésus)
  • Option 2 : Genèse 22.1-14 (le sacrifice d’Isaac)

 

Accroche : Quel méli-mélo !

Imprimer le texte biblique de Jean 19.1-16 et découper chaque verset.

Donner aux catéchumènes les versets dans le désordre.

Travail collectif en petit groupe pour reconstituer l’histoire.

Lire le récit tous ensemble.

 

Le texte biblique : Jean 19.1-16 (La foule réclame la mort de Jésus)

Jésus se retrouve face à une foule en furie qui hurle, crie, tempête pour exiger sa mort. Une semaine avant, elle l’acclamait comme un roi à son entrée à Jérusalem monté sur un âne (cf. Matthieu 21.1-11). Que s’est-il passé pour qu’elle veuille lyncher celui qu’elle vénérait il y a juste quelques jours encore ? Qu’est-ce qui a bien pu lui “retourner la tête”, lui faire changer d’avis à ce point pour qu’elle veuille maintenant le voir mourir ? Bien pire, la foule en est même venue à préférer relâcher le brigand Barabbas (cf. Matthieu 27.11-26) que de laisser la vie sauve à Jésus ! Il faut mener l’enquête pour retrouver les motivations de sa condamnation à mort.

Cette histoire donne l’occasion de réfléchir à ce qui a bien pu façonner la décision de la foule. Est-ce une décision libre et mûrement réfléchie ? Est-ce une condamnation juste après un procès équitable ? Ou est-ce un lynchage public ? Qui a intérêt à cette décision ? Qui décide en fin de compte ? N’est-ce pas le fruit d’une manipulation de la foule pour des raisons politiques ou religieuses ?

Ponce Pilate le gouverneur romain, est-il le seul à détenirl’autorité politique, le seul habilité à prendre la décision de condamner un homme à mort ? Jésus est-il condamné à mort pour un motif politique comme “roi des juifs” qui contesterait l’autorité de Rome ou comme agitateur révolutionnaire cherchant à provoquer un soulèvement populaire contre Rome ?

Les pharisiens et les autres autorités juives donnent des arguments religieux à sa condamnation : Jésus se serait “fait” Fils de Dieu ? D’abord il faudrait trouver un texte dans la loi juive (dans l’Ancien Testament) qui interdit à un homme de se prétendre fils de Dieu (cf. par exemple le Ps 2 qui donne le titre de Fils de Dieu au Roi David lors de son intronisation royale). Ensuite il faudrait prouver la véracité de cette accusation : est-ce qu’il y a un passage de l’évangile où Jésus se “fait” fils de Dieu (cf. le Prologue de Jean 1.1-14 qui déclare que Jésus est Dieu AVANT même la création du monde) ?

Qui a poussé la foule dans cette direction ? Cette question des motivations d’une mise à mort se retrouve à peu près dans les mêmes termes que lors de l’assassinat du roi Henri IV par Ravaillac : motifs politiques ? religieux ? fanatisme ? manipulation ?

Vidéo

Vous pouvez regarder le début de  cette vidéo pour donner envie aux jeunes de la visionner entière chez eux plus tard, car elle est un peu longue

Les techniques de la manipulation, tous manipulés.

Faisons le lien

Analyser les différentes étapes qui ont amené à l’arrestation, au jugement et à la condamnation de Jésus : qui a pris la décision, (les Romains, les chefs juifs ou la foule ?) Est ce que quelqu’un est manipulé ? Si oui comment ? Comment Pilate essaie-t-il de résister à la pression de la foule ? Quels arguments sont développés par ceux qui veulent la mort de Jésus ?

 

Discussion

Pouvez-vous trouver des exemples dans l’actualité de situations similaires (sans forcément aller jusqu’à la mort).

Qui vous informe de ce qui se passe autour de vous ? Comment être sûr que c’est la vérité ?

Identifiez ce qui vous touche personnellement dans un film ou l’actualité par exemple et expliquez pourquoi. Y a-t-il des films ou des émissions de télévision que vous refusez de voir ? Des évènements qui vous ont marqué ? L’intérêt consiste à faire prendre conscience de ce qui m’influence et notamment le pouvoir des images.

L’animateur veillera à valoriser dans la discussion la nécessité d’apprendre à penser par soi-même, savoir résister aux méthodes de manipulations utilisées par les professionnels des médias, de la publicité, de la politique … savoir dire non aux autres, et à oser exprimer ses convictions…même à contre-courant…

 

Temps de prière

On peut utiliser un support pour aider les enfants à s’exprimer : mettre à disposition des petits papiers avec des mots déjà écrits ou les inscrire sur un dé de prière que chacun lance pour découvrir un mot (ou une expression)

Par exemple utiliser les mots : vérité, mensonge, recherche, erreur, étiquette, mort, foi, amour…

 

OPTION 2 : LA RADICALISATION

 

Le texte biblique : Genèse 22.1-14 (le sacrifice d’Isaac)

Jusqu’où peuvent aller nos actes à l’épreuve de la foi ?

Abraham est le père dans la foi pour les religions juive, chrétienne et musulmane et il est la figure principale du livre de la Genèse rédigé entre les VIIe et Ve siècles av. J.-C.

Abraham, qui est d’abord nommé « Abram » (en hébreu : אַבְרָם, ābram = « mon père est grand »), est un descendant de Sem, fils de Noé. Il est fils de Terah et a deux frères, Nahor et Haran. Haran meurt en laissant un fils, Loth.

Abram épouse sa demi-sœur Saraï (Sarah = princesse en hébreu), qui se révèle stérile.

Alors qu’Abraham est âgé de cent ans, son fils Isaac (= Rire, en hébreu) naît.

C’est en Genèse 22 que l’histoire du sacrifice d’Isaac est racontée. La portée générale de ce texte est de montrer que la foi d’Abraham envers son Dieu est totale !

 

Ci-dessous des commentaires inspirés du travail du pasteur Louis Pernot. Il s’agit d’une des analyses possibles de ce texte, il en existe bien d’autres, celle-là ne prétend pas détenir « la vérité »… Pour notre travail, retenons quelques points théologiques importants :

En se basant sur le commentaire de Genèse 22 du pasteur Louis Pernot (voir annexe) reprenant l’analyse de Marie Balmary (cf. Le sacrifice interdit, Paris, Grasset, 1986)

Premier point important : le fanatisme. Le fanatisme n’est pas si loin de nous …

Et si Abraham s’était trompé ? Et si au départ, il avait eu une idée de Dieu complètement fausse en imaginant que Dieu exige de lui de tuer son fils. Dieu peut-il vouloir des sacrifices humains ? En détournant son bras et en offrant un bélier à la place pour le sacrifice, Dieu serait alors venu corriger cette fausse compréhension d’Abraham.

Le texte de la Genèse dit que Dieu demande à Abraham d’offrir son fils en « holocauste », terme technique qui désigne un sacrifice rituel qui voit la victime entièrement brûlée pour être offerte au dieu (cf. Lévitique 1.1-17). Mais le mot « holocauste » en hébreu peut se traduire aussi tout simplement par « pour monter ». Abraham aurait alors compris « sacrifier » quand Dieu voulait peut-être juste dire « fais monter ton fils vers moi », c’est-à-dire : « Va et élève-le, fais-le monter plus haut, fais-lui découvrir une dimension spirituelle ».

Dans la première compréhension de Dieu, Abraham imaginerait qu’il faut absolument cesser de vivre, renoncer à être, pour être fidèle à Dieu, renoncer à toute joie, et à sa propre vie même… Car tuer son propre fils (surtout un fils unique, réalisation inespérée du désir d’Abraham et Sarah déjà vieillards (cf. Genèse 21.1-7) !) ne peut pas donner de la joie…

Avec une telle manière de comprendre qui est Dieu, Abraham pourrait être considéré comme un intégriste, un fanatique, en confondant la Parole de Dieu avec la projection de ce qu’il imagine. Il croit que Dieu lui demande d’aller jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice de son fils. Heureusement, il acceptera quand même de changer sa vision des choses à la dernière minute en sacrifiant le bélier…

 

Deuxième point important : la certitude, être certain peut empêcher d’entendre et de laisser de la place à Dieu ou à d’autres … Appliquer des certitudes sans se remettre en cause ne mène qu’à la mort. C’est parce qu’Abraham est certain d’avoir entendu cet appel là qu’il embarque dans sa vision son fils, sans rien lui dire … Il l’enferme dans sa foi. Il lui fait porter le bois du sacrifice, il le charge lui-même du sacrifice qu’il lui impose et qui doit le tuer. Et finalement le lie. (D’ailleurs, dans la tradition juive, ce texte est appelé « la ligature d’Isaac »).

Troisième point important : Être en lien avec Dieu (alliance), marcher avec lui.

Dieu ne veut pas que nous ne soyons rien pour que lui soit tout. Il n’est pas question de nous anéantir pour laisser toute place à Dieu, mais de « faire alliance » avec lui. Or le sens même de toute alliance nécessite de respecter les deux partenaires.

Le but n’est pas de renoncer à vivre, mais d’avancer en harmonie avec les différentes dimensions de son existence et ainsi de servir Dieu. Et en effet, Abraham, finalement, ne tuera pas Isaac, mais AVEC lui il va offrir le bon sacrifice à Dieu.

Il faut marcher, avancer, marcher avec Dieu, marcher vers Dieu, marcher avec ceux que l’on aime, sans chercher ni à les étouffer, ni à les tuer. Et dans cette marche, aller vers l’accomplissement de soi- même et de ce que Dieu attend de nous.

Discussion

Demander à chacun ce qu’il pense de cette histoire… Existe-t-il des actualisations possibles ?

À l’époque d’Abraham, les sacrifices d’enfants – surtout les premiers-nés – n’étaient pas rares. Les croyances de cette époque exigeaient parfois de tels sacrifices – sacrifices à Baal par exemple. Abraham est un homme de ce temps-là. Pourtant son Dieu, qui aussi le nôtre aujourd’hui, ne veut pas du tout que l’on tue des gens ou des enfants, juste pour lui faire plaisir ou pour lui dire que l’on croit en lui ! Il le prouve en envoyant un ange arrêter la main d’Abraham et un bélier pour remplacer Isaac.

 

Animation : tableau du sacrifice d’Isaac

Projeter le tableau sans dire de quoi il s’agit.

Tableau disponible sur :

Par petit groupe de 4 (autant que de personnages présents sur le tableau : Abraham, Isaac, l’ange, le bélier) réinventer une histoire pour exprimer ce que l’on voit sur le tableau : que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ? Chaque groupe raconte son histoire sous forme théâtrale et doit finir dans la même position que sur le tableau projeté.

Lecture de Genèse 22.1-14

Retour sur l’expérience de la mise en scène et discussion sur le texte :

  • Qu’est-ce qui peut pousser à tuer ?
  • Nos convictions peuvent-elles nous amener à cet extrême ?
  • Assumons-nous toujours nos actes, même les plus barbares ? ou rejetons-nous la faute sur un autre, sur Dieu …

Dans l’histoire… et dans l’actualité

Il est possible de retrouver ce récit :

Ravaillac assassine Henri IV pour des raisons qui restent obscures à ce jour. A-t-il été manipulé par une haute autorité, est-il “victime” d’un complot ou bien a-t-il agi sur une pulsion personnelle? L’objet n’est pas tant de répondre à la question que de chercher à comprendre ce qui peut pousser un être humain à commettre un crime. Cette question est brûlante d’actualité.

Et moi dans tout ça ? Que me dit ma conscience ?

 

Vidéo

Pour aller plus loin dans la discussion, il est fortement conseillé de regarder avec les jeunes cette vidéo qui retrace l’expérience scientifique de Stanley Milgram qui analyse la question de la soumission à l’autorité et de l’obéissance aveugle aux autorités !

https://youtu.be/wUG_IN5ZdJw

 

Être témoin

Inviter des membres de l’ACAT si possible pour ouvrir un débat sur la peine de mort. Possibilité de visionner un passage du film « Une peine infinie ».

 

Temps de prière

On peut utiliser un support pour aider les enfants à s’exprimer : mettre à disposition des petits papiers avec des mots déjà écrits ou les inscrire sur un dé de prière que chacun lance pour découvrir un mot (ou une expression)

Par exemple utiliser les mots : vérité, mensonge, recherche, erreur, étiquette, mort, foi, amour…

 

 

Séquence 2 : Animation pour les 15 ans et plus

Objectifs de séance

  • J’apprends à me positionner personnellement devant des « cas de conscience » et je teste ma « sagesse » devant ces situations délicates.
  • Je réfléchis à la difficulté de juger les situations complexes avec sagesse et de manière juste.
  • J’essaye de réfléchir à mes propres réactions face à la contradiction, c’est-à-dire quand quelqu’un pense de manière différente de moi.
  • 1 Rois 3.16-28: le jugement de Salomon
  • Romains 12.2: le renouvellement de l’intelligence

 

Grand Jeu : « Le Scrupule »

  • Le principe :
  • Le principe consiste à jouer avec des situations plus ou moins complexes pour se mettre devant des « cas de conscience » et tester la « sagesse » des joueurs devant ces situations délicates.

 

Le déroulement et la règle du jeu

  • – Les adolescents sont en équipes de trois, cinq ou sept, selon leur nombre total, de façon à constituer environ cinq équipes.
  • – Les invités : huit à dix adultes de métiers différents, appartenant aux différents groupes de la paroisse, hommes et femmes, de diverses générations, sont assis en rang face aux équipes qui elles sont en demi-cercle. Il est important de conserver de l’espace entre les équipes et les invités
  • – Tous les invités se présentent : métier, âge, appartenance ecclésiale, loisirs, engagements bénévoles, militances…
  • – Chaque équipe tire une question dans les cartes « questions de scrupules ». Ils doivent discuter jusqu’à se mettre d’accord sur la réponse, puis ils inscrivent leur réponse de groupe sur leur carte. On ne peut répondre que « oui » ou « non » ou « cela dépend ».
  • – Le meneur de jeu donne alors la parole à la première équipe. Elle pose sa question à l’invité de son choix. Celui-ci répond alors en conscience. Comme les équipes, il ne peut répondre que « oui », ou « non », ou « cela dépend ».
  • Si la réponse de l’invité correspond à celle de l’équipe, cette dernière reçoit trois traces de pas en papier. Elle les pose sur le sol, comme pour tracer un chemin entre elle et l’invité. (Le nombre de traces de pas données à chaque fois dépend de la taille de la pièce. Si en six traces une équipe a rejoint un invité, l’on peut en donner moins. S’il faut vingt traces pour parcourir la distance, l’on peut en donner plus. Et rien n’empêche le meneur de jeu de décider à un moment d’augmenter ou de diminuer les traces gagnées au tour suivant.)
  • Si la réponse de l’invité est différente de celle de l’équipe, cette dernière peut décider de « contester » le choix de l’invité. Celui-ci a droit à deux minutes pour expliquer sa réponse. Puis c’est l’équipe qui, en deux minutes, tente de convaincre l’assistance de l’«erreur» de l’invité. Puis tous les joueurs et invités, sauf l’équipe et l’invité attaqué, votent : l’invité est-il dans l’ « erreur » ?
  • Si le vote donne raison à l’équipe (carte « diable »), elle gagne quatre traces.
  • – Si le vote donne tort à l’équipe (carte « ange »), elle perd deux traces.
  • – Le meneur de jeu donne ensuite la parole à l’équipe suivante qui pose sa question à l’invité de son choix, etc.
  • – Quand chaque équipe a posé sa question, le meneur de jeu refait tirer une nouvelle carte « questions de scrupule » à chaque équipe.
  • – Quand l’on décide d’arrêter de jouer, le meneur de jeu compte le nombre de traces gagnées par chaque équipe, celle qui en a le plus gagne. L’on peut aussi donner des traces supplémentaires à l’équipe qui s’est confrontée au plus grand nombre d’invités (il faut alors tenir ce compte et donner ce point de la règle avant de commencer, ou au début du deuxième tour.)
  • Matériel nécessaire (voir annexes sur appelesalaliberté.editions-oivetan.com) :
  • – les cartes «questions de scrupule» : recopier chaque question en haut d’une fiche bristol.
  • – des cartes pour voter : un bristol par joueur avec d’un côté un « diable » qui voudra dire «il est dans l’erreur» et de l’autre côté un ange qui voudra dire «il est dans la vérité».
  • – Des traces de pas à découper dans du papier de couleurs (si possible une couleur par équipe). En avoir d’avance et être prêt à en découper sur place en cas de manque.
  • – une montre avec trotteuse ou un chrono.
  • – un stylo par équipe.

Animation biblique : 1 Rois 3.16-28, le jugement de Salomon

  • Le jugement de Salomon, est un épisode de la vie du roi Salomon qui est raconté dans le premier livre des Rois(3.16-28). Le roi Salomon tranche le litige entre deux femmes qui prétendent être la mère d’un même enfant. La solution trouvée par Salomon – couper l’enfant en deux et en remettre une moitié à chacune des femmes – permet se découvrir quelle est la vraie mère (celle qui refuse le verdict et préfère que l’enfant vive, et qui ainsi pourra le voir). D’après la Bible, cet épisode illustre la sagesse du roi. Comme l’écrit le pasteur Patrice Rollin : « Le français est bien injuste avec Salomon. Car en français l’expression “un jugement de Salomon” est souvent employée à tort dans la presse pour désigner un jugement en demi-teinte qui ne satisfait personne en refusant de trancher clairement. Un jugement “qui coupe la poire en deux” . Si l’épisode biblique était vraiment connu, cette expression “un jugement de Salomon” devrait au contraire désigner une décision de justice particulièrement nette, juste et habile, et qui manifeste une intelligence aiguë de la situation. »
  • Juger, et bien juger selon les jugements de Dieu, est donc dans la Bible, et dans tout l’Orient ancien, une attribution essentielle du roi. Gouverner et bien juger vont ici de pair ; on ne parle pas encore de séparation des pouvoirs à l’époque ; encore que comme source de la justice est en Dieu, cela induit logiquement la possibilité d’un jugement par Dieu du pouvoir lui-même. C’est dans ce sens qu’un des livres de la Bible s’intitule “Juges”. Ceux qui sont ainsi dénommés sont d’abord des personnages charismatiques suscités par Dieu. Leur fonction essentielle n’est donc pas d’abord de juger, ni d’exercer la justice dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui, mais bien de gouverner temporairement le peuple et quelquefois de combattre les agresseurs du peuple d’Israël. Et pourtant, ces hommes sont quand même appelés des ‘juges’, et il est écrit qu’ils jugent Israël, c’est-à-dire qu’ils le gouvernent sous la direction de Dieu. »

 

Proposition d’animation :

Étape 1 : Lire les versets 16-22 pour poser la situation. Laisser réagir librement (5 mn).

Étape 2 : En répartissant les enfants par petites équipes de 3 maximum, demander à chaque équipe d’imaginer la suite de l’histoire et de la jouer en la transposant aujourd’hui (10 mn).

Étape 3 : Faire jouer les suites possibles par les différentes équipes.

Étape 4 : Faire voter tous les enfants, chacun selon son opinion, quelle a été l’attitude la plus sage ? Pourquoi ? (10 mn)

Étape 5 : Lire les versets 23-28. Laisser réagir librement puis questionner à partir du verset 28 : en quoi Salomon a-t-il montré qu’il avait la sagesse de Dieu en rendant son jugement ?

Étape 6 : Lire Romains 12.2. Questionnements possibles : qu’est ce que cela veut dire pour vous de « vivre selon les coutumes du monde » ? Qu’est ce que cela signifie « renouveller son intelligence » ?

Étape 7 : Faire le lien avec l’histoire de Calvin et Castellion à propos de la condamnation à mort de Michel Servet.

 

Repères historiques : L’affaire Michel Servet

  • Visualisation de la séquence du spectacle sur le DVD.

Débat :

  • Il est intéressant d’essayer d’évaluer le débat entre Calvin et Castellion à la lumière du jugement de Salomon qui permettait de constater « que Dieu l’a rempli de sagesse pour rendre la justice » (1 Rois 3.28) comme sur l’appel de Paul aux Romains à ne pas suivre « les coutumes du monde où nous vivons » mais de laisser Dieu nous transformer en nous « donnant une intelligence nouvelle ». En essayant d’échapper à la caricature et à l’anachronisme qui jugerait le « méchant » Calvin face au « gentil » Castellion, c’est l’occasion d’une discussion avec les catéchumènes pour réfléchir avec eux sur l’intelligence et la sagesse qui vient de Dieu et qui permet de prendre des décisions justes dans des situations complexes.
  • On peut relancer la discussion à partir de la question de principe : a-t-on le droit de tuer quelqu’un parce qu’il ne pense pas de la même manière que nous ? Laisser les catéchumènes réagir librement : la question est brûlante d’actualité… Mais que nous dit la Parole ? Elle est riche de conseils ! Pour avancer face à cette question, vous pouvez simplement lire Luc 6.27-37 ou quelques passages des exhortations données en 1 Corinthiens 4.1-5 ou 2 Timothée 2.1-26. Engagez une discussion sur ce qu’on peut / ne peut pas faire ou sur ce qu’on devrait / ne devrait pas faire.

Et nous, nous arrive-t-il aussi parfois de basculer du côté obscur de notre personnalité et de nous montrer durs et intransigeants vis-à-vis des autres, de ceux qui ne pensent pas comme nous, qui contestent nos croyances, ceux qui agissent à l’opposé de nos méthodes ?

Peut-on vraiment changer la façon de penser de ces personnes ? Quelle est la place de notre témoignage en cas de confrontation ? Quelle est la place / l’importance de la Parole de Dieu ? (lire 2 Tim 3.1-17 mais surtout à partir du verset 10 et 2 Tim 4.1-5) ? Quelle est la place du Saint-Esprit ? (vous pouvez lire aussi Gal 5.18-26 ou Eph 6.11-17)

 

Être témoin : soirée ACAT

  • Une animation passionnante pour les jeunes consiste à faire appel au responsable ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) de la paroisse ou d’une paroisse voisine pour recevoir son témoignage et découvrir l’engagement de ces chrétiens auprès de ceux qui sont devenus invisibles aux yeux de tous.
  • http://www.acatfrance.fr/
  • Il est aussi possible de visionner la vidéo de présentation de l’ACAT : https://www.acatfrance.fr/public/acat-web_low.mp4
  • Pourquoi ne pas proposer aux parents des catéchumènes de signer un appel de l’ACAT pour tel ou tel détenu ?

 

Temps de prière

  • Si vous avez fait le choix d’inviter un représentant de l’ACAT pour cette séance de caté, nous vous proposons d’utiliser l’annexe 3 : « Prier et méditer avec l’ACAT pour construire un moment de culte ».
  • Sinon , le temps de prière peut être centré sur les questions difficiles qui tiraillent la conscience des catéchumènes, pas forcément pour les exposer en public mais pour donner un temps de méditation en silence, un caillou à la main qui symbolise ce poids porté au fond de son cœur. Un temps de soulagement – allègement pourra être proposé aux jeunes en déposant symboliquement ce caillou et en signifiant le repos reçu en Christ (Matthieu 11.28-30).

Romains 12.2 peut être le support d’une prière collective pour demander à Dieu « le renouvellement de notre intelligence » et la sagesse pour apprendre à discerner « ce qui est bon, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. »

Séquence 1 : Animation pour les 15 ans et plus

Objectifs pédagogiques

  • Je découvre le personnage de Luther, le cheminement qui l’a amené à prendre position et s’affirmer dans ses convictions, inspiré de l’Évangile.
  • J’essaie de définir avec les autres ce que c’est que la conscience et je découvre comment elle apparaît à travers un extrait de sermon de Luther.
  • Je découvre au travers des textes bibliques comment la conscience chrétienne naît d’en haut par une rencontre personnelle avec le Christ.
  • Je prends le risque d’afficher mes convictions en formulant une thèse que je serais prêt à défendre en conscience.

Éphésiens 3.14-19 : « Que Dieu fasse habiter le Christ en vos cœurs par la foi. »

Jean 3.1-10 : « À moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. »

 

Repères historiques : découvrir Martin Luther

  • Pour cette fois, vous pouvez simplement lire ensemble la rubrique : « Pour entrer dans l’histoire » afin de découvrir les points essentiels de la vie de MartinLuther. Visionner le DVD du spectacle montrant cette partie de l’histoire.

 

Discussion

  • Après quelques indications concernant le contexte historique, inviter un jeune à jouer le rôle de Luther pour proclamer depuis la chaire du temple cet extrait de sermon : (Sermon du 8e dimanche après la Trinité (10 août 1522), sur Mt 7.15 et suivants : « Gardez-vous des faux prophètes »)

 

« Le Christ ne parle pas seulement au pape, mais à tous […] : « Gardez-vous des faux prophètes !» Si donc je dois prendre garde et discerner la fausse doctrine, c’est à moi de juger et de dire : pape, toi ou les conciles, vous avez décidé ceci, mais il me reste à juger si je peux l’accepter ou pas. En effet, tu ne combattras pas pour moi et tu ne répondras pas pour moi lorsque je mourrai. C’est à moi qu’il incombera de savoir où j’en suis. Il faut [ nous dit la parole de Dieu] que tu sois certain qu’il s’agit de la parole de Dieu, aussi certain que du fait que tu es encore en vie et encore plus certain, afin d’y fonder ta conscience. Même si tous les hommes s’y mettaient, voir les anges, pour trancher, si tu ne peux pas décider toi-même et juger, tu es perdu. Car tu ne dois pas fonder ton jugement sur le pape ou sur les autres ; tu dois être capable de dire de ton propre chef : ceci est juste, ceci est faux. Sinon, tu ne pourras pas subsister. Car si tu voulais dire sur ton lit de mort : le pape a dit ceci, les conciles ont décidé cela, les saints pères, Augustin et Jérôme, ont défini ceci ou cela, le diable percera aussitôt un trou et fera irruption : et si c’était faux ? N’ont-ils pas pu se tromper ? Et te voilà à terre. C’est pourquoi tu dois être certain de pouvoir dire : ceci est la parole de Dieu, c’est sur elle que je me fonde.  […] Eh bien ! Laisse-les décider et dire ce qu’ils veulent. Tu ne peux pas y placer ta confiance, ni donner par-là la paix à ta conscience. Il s’agit de ta tête, de ta vie, c’est pourquoi Dieu doit te parler au cœur et te dire : voilà la parole de Dieu ; sinon c’est incertain. Il faut que tu en sois certain toi-même, en excluant [l’avis de] tous les autres hommes. »

  • À comparer avec l’affirmation de Luther lors de la Diète de Worms : « Ma conscience est captive de la parole de Dieu ! Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n’est ni sûr, ni honnête d’agir contre sa propre conscience !

Questions:

  • Pour Luther, qu’est-ce que la conscience ? Comment apparaît-elle ?
  • Quelles sont les convictions les plus importantes pour votre conscience que vous seriez prêts à défendre ?
  • Pour quels motifs seriez-vous prêts à défier une autorité ?

 

Autour des textes bibliques : Éphésiens 3.14-19 et Jean 3.1-10

  • Inviter les jeunes à lire dans les deux textes bibliques avec un code :
  • -> j’aime bien
  • ? je ne comprends pas
  • ! je ne suis pas d’accord
  • Si les jeunes sont nombreux, faire deux groupes avec chacun un texte biblique à explorer.
  • Essayer de définir « l’homme intérieur » selon Paul et selon vous
  • Comment naît l’homme intérieur, selon l’apôtre Paul ? Qu’est-ce qui arme l’homme intérieur de puissance ?
  • Pour Jésus, qu’est-ce qu’une ‘nouvelle naissance’ ? Qu’apporte-t-elle à celui qui la vit ?
  • Et votre avis ?
    • Mettre en parallèle la notion « d’homme intérieur » de l‘épître aux Éphésiens, l’idée de « nouvelle naissance » de l’évangile de Jean avec la notion de « conscience » de Martin Luther pour comparer les trois, les différences, les ressemblances… Est-ce qu’on parle de la même chose ou de choses différentes ?

 

Activité d’appropriation : affichons-nous !

Thèse 62 de Luther :

Le véritable trésor de l’Église, c’est le très saint Évangile de la gloire et de la grâce de Dieu.

  • L’affichage des 95 thèses : un acte audacieux et courageux qui résulte d’une découverte personnelle.
  • Comme Luther, affichons nos convictions ! Rédigez une phrase-choc, un slogan que un verset qui vous tient à cœur : l’inscrire sur une grande feuille que vous pourrez éventuellement illustrer par des coupures de journaux.

 

Être un témoin

  • Quel témoignage, quelles propositions souhaitez-vous faire pour le monde ou l’Église d’aujourd’hui ? Conserver les différentes propositions des jeunes et les afficher lors d’un événement d’église ou lors d’un culte. À cette occasion, les jeunes pourront expliquer leur choix à l’assemblée.

 

Temps de prière

  • En réponse à une question de son barbier qui voulait savoir comment prier, Martin Luther lui a conseillé de chercher à répondre aux quatre questions suivantes :
  • De quoi dois-je être reconnaissant ? (action de grâces)
  • Qu’est-ce que je regrette ? (confession)
  • Que devrais-je demander ? (intercession)
  • Que ferai-je ? (action)
  • Organiser le temps de prière sur ce schéma.