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Toutes les ressources pour les pré-adolescents de 11 à 14 ans.

Séquence 5 : Animation pour 11-14 ans

Objectifs pédagogiques

  • J’apprends à faire la différence entre « croire » et « savoir », entre une conviction et une connaissance irréfutable.
  • Actes 9.10-19 (Sincèrement dans l’erreur…) + Romains 7.18-20

 

Accroche : les illusions d’optique

Pour aborder la problématique des divergences de points de vue sur un même support / objet d’étude, on peut partir d’une image qui n’est généralement pas perçue ou lue de la même façon par tout le monde.

Consigne : Voici une image un peu spéciale: tout le monde n’y verra peut-être pas la même chose! Dites en un mot ce que vous voyez, et justifiez votre réponse en décrivant les détails qui vous ont amené à donner cette interprétation de l’image.

Trompe l'oeil 2 1    Trompe l'oeil 3  2

Illustration n°1 : soit on voit une vieille dame au nez crochu coiffée d’un fichu, soit on voit une jeune femme brune vue de profil, qui tourne la tête vers l’arrière.

Illustration n° 2 : soit on voit la fenêtre d’en haut, soit on la voit d’en bas…

NB : Vous pourrez trouver d’autres exemples sur le site d’ophtalmologie appelé ophtasurf : http://ophtasurf.free.fr/illusionartp1.htm

Conclure sur la relativité/subjectivité de nos perceptions !

 

Le texte biblique : Actes 9.10-19

Lire ce récit sur la vie de Paul avant et après sa conversion.

Ce texte a été choisi pour montrer à quel point on peut être sincère et pieux d’un point de vue extérieur, mais pourtant être totalement dans l’erreur… Il montre aussi que les méthodes humaines où l’on a recours à la contrainte et la force dans le domaine de la foi et des convictions ne sont pas celles de Dieu. Dieu au contraire veut changer le cœur de Paul qui utilisait la force contre les chrétiens. C’est exactement le point de vue de Pierre Bayle face à la persécution des protestants par Louis XIV (Cf. ci-dessus : « Questions théologiques »).

Insister en particulier sur les changements apportés par sa « rencontre » avec Christ non seulement sur son être intérieur, mais aussi sur sa façon d’aborder les croyants d’une part, mais aussi les non croyants. Il deviendra alors un fidèle et puissant témoin de Christ et un missionnaire engagé dans la propagation de la foi.

En tant que pharisien, Paul était un notable parmi les religieux de l’époque, et un fervent défenseur de la loi et de la doctrine fondamentaliste à laquelle il adhérait. Après la résurrection du Christ (où se situe cet épisode des Actes des apôtres), son engagement l’a amené à combattre les chrétiens et les traquer en vue de les éliminer, ou tout au moins de les empêcher de propager leurs idées et leurs croyances en cet homme nommé Jésus qu’ils considéraient comme le Messie tant attendu par les israélites.

Sur la route de Damas, il fit une expérience majeure qui transforma sa vie, puisqu’il fut aveuglé et interpellé directement par une voix qui lui disait : « Pourquoi me persécutes-tu ? ». Ayant reconnu à ce moment-là qu’il s’agissait évidemment de ce Jésus qu’il combattait de toute ses forces, il décida de suivre les instructions de cette voix afin de recouvrer la vue, et il marqua son engagement en parlant, partout où il le pouvait, de Jésus comme du Messie promis, et de l’œuvre qu’il avait accomplie sur la croix pour le salut de l’humanité.

Son témoignage est celui d’un homme sincèrement convaincu de son erreur, qui a su reconnaître qu’il s’était trompé, et qui, après cette expérience marquante, s’est laissé guider par ses nouvelles convictions intérieures, le Saint-Esprit en lui. Il a réorienté son engagement et sa vie en cohérence avec sa foi en Christ.

Reprendre les éléments les plus significatifs de la biographie de Pierre Bayle et ce qui l’a amené à promouvoir la notion de « tolérance de la conscience errante » (Cf. fichier audio ou DVD du spectacle).

 

Vidéo :  la fable du vent et du soleil

Regarder la vidéo puis faire réfléchir sur la méthode qui s’est avérée la plus efficace pour convaincre le voyageur d’enlever son écharpe : la force du vent opposée à la douceur du soleil. Adresse: https://www.youtube.com/watch?v=qPMBdPrcp2A

 

Appropriation

Ouverture sur la vie des catéchumènes par des questionnements :

Comment ce récit s’applique-t-il à moi concrètement ? Comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ceux qui pensent et croient différemment de moi ? Suis-je tolérant, ou est-ce que je cherche à les convaincre pour montrer que j’ai raison, que c’est moi qui suis dans la vérité alors que l’autre est dans l’erreur ?

Qu’en est-il de mon témoignage ? Est-ce que ma vie est en accord avec les idées et les principes auxquels je crois profondément ? avec la foi que je prétends avoir ? avec les valeurs que je proclame être vraies et justes ? Est-ce que ma démarche de témoignage, d’échange ou de partage avec mon prochain est motivée par l’amour et le respect de ce qu’il est et de ce qu’il croit fermement ou même de ses doutes ?

Donner quelques exemples concrets et personnels dans votre travail, votre voisinage, avec vos amis par exemple, dans lesquels les catéchumènes peuvent se retrouver. Pour les plus jeunes, insister surtout sur l’accueil plus ou moins chaleureux et amical qu’ils réservent parfois à ceux qui sont différents (les handicapés, les gros, les noirs, ceux qui ne sont pas très « à la mode » dans leur habillement ou leurs jeux, etc.)

La leçon à tirer de cette vidéo peut trouver une application lorsque l’on témoigne de sa foi.

En effet :

  • Soit que l’on veuille user de violence pour forcer quelqu’un à croire,
  • Soit que l’on veuille lui imposer des préceptes et des règles de vie pour qu’il cesse de commettre des « péchés »,
  • Soit que l’on multiplie les arguments pour chercher à le convaincre de croire en Dieu,

cela ne sert de rien, car :

  • la foi est avant tout affaire de cœur, et une conversion verbale sans l’adhésion du cœur n’est rien d’autre que du vent,
  • pour celui qui est perdu, il ne suffit pas de changer de mode de vie, il faut accepter l’autorité de Dieu dans sa vie
  • le meilleur « argument » de Dieu pour tous les hommes reste son amour inconditionnel, comme le soleil a déversé sa chaleur en abondance pour convaincre le marcheur de retirer son vêtement.

 

Discussion : Chrétien ? Protestant ? Frère ?

 

Réflexion sur ce que signifie être « chrétien », et être « protestant ».

On peut commencer par présenter des étiquettes avec les mots : « évangéliques », « baptistes », « presbytériens », « luthériens », « calvinistes », « apostoliques », « mennonites », « amish », « quakers », etc. pour aborder toute la diversité de l’Église universelle aujourd’hui, avec toutes les différentes dénominations qui la composent.

Montrer surtout que cette pluralité ne signifie pas que certains groupes d’Églises sont dans l’erreur alors que d’autres détiendraient la vérité suprême. La vérité est plutôt une quête individuelle et collective qui se poursuivra inlassablement jusqu’au retour final de Jésus-Christ. C’est un cheminement qui se fait souvent par paliers, comme la reconstitution d’un puzzle qui peut prendre plus ou moins de temps, mais tant qu’on n’a pas totalement reconstitué l’ensemble de ce puzzle, on est encore partiellement dans l’erreur. Heureusement, Dieu, qui connait nos cœurs, sait être patient et rempli de grâce envers nous.

Montrer que pour les chrétiens qui composent l’Église en général, cette quête a été constamment entretenue et renouvelée par les défis qui nous étaient lancés par le monde, soit par les épreuves qu’il nous infligeait, soit par les positions contradictoires qu’il nous opposait. Aujourd’hui encore, le monde nous interroge et nous remet sans cesse en question, il est donc important de pouvoir proclamer et justifier nos croyances et nos convictions en s’appuyant sur l’aide du Saint-Esprit et une bonne connaissance de la Parole de Dieu.  C’est son étude régulière et approfondie qui va alimenter notre foi et notre espérance pour nous rapprocher le plus possible de la vérité, et c’est notre attitude de tolérance et d’amour envers ceux que nous considérons être « dans l’erreur » qui va donner du poids à notre témoignage.

La tolérance s’impose donc comme une manifestation nécessaire de notre humilité devant la vérité qui n’appartient qu’à Dieu seul.

C’est en tolérant leurs errances qu’on leur permettra d’être cohérent avec leurs convictions profondes, et c’est en comptant sur l’action conjointe du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu qu’on leur permettra d’avancer dans leur quête vers la vérité.

 

Animation : le sketch des marcheurs

L’idée est de mettre en scène une situation fictive de diversité où il est important d’assumer sa différence tout en cherchant à convaincre ou influencer les autres par une argumentation choisie. Néanmoins cela devra se faire dans une atmosphère d’écoute attentive et respectueuse de l’autre et donc dans un esprit de paix et de tolérance.

Le moniteur demande à plusieurs enfants (au moins 4 ou 5) de réfléchir à des façons de marcher « originales » pour aller récupérer un objet quelconque (un foulard sur l’armoire, une boîte par terre, un parapluie derrière une chaise, etc.). Par exemple ils peuvent choisir de marcher de côté comme les crabes, marcher accroupis comme des canards, avancer à cloche pied… à l’exception bien sûr de notre façon de marcher « normale ».

Ces enfants doivent faire une démonstration de leur marche devant le reste du groupe sur un parcours linéaire délimité (de 5 à 10 mètres par exemple). Chaque marcheur devra ensuite chercher à convaincre ses camarades pourquoi c’est lui qui avait la meilleure façon de marcher, en argumentant et justifiant son point de vue.

Les enfants spectateurs décideront au final qui était le plus convainquant et efficace en fonction de l’objet à récupérer.

 

Chant : La meilleure façon de marcher

On peut ensuite faire chanter le chant: « La meilleure façon de marcher » qui se trouve sur « You tube » à l’adresse suivante : https://youtu.be/e9MjMwjjxaA

Voici les paroles:

Dans la troupe, y’a pas d’jambes de bois !

Y’a des nouilles, mais ça n’se voit pas ! (Variante: La démarche s’en ressent parfois !)

La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre ! (Variante: Qui doit être la nôtre !)

C’est de mettre un pied d’vant l’autre … et d’recommencer ! 

 

On fait alors réfléchir les catéchumènes sur le fait qu’un petit enfant ne marche pas comme un jeune adolescent, qui n’a pas la même démarche qu’un adulte ou un vieillard.

Il nous semble évident que la marche se fait en mettant un pied devant l’autre, mais cela n’a pas toujours été aussi facile tout de même. Nous voudrions tous dire aux autres comment ils devraient penser, réfléchir, se comporter, etc. parce que nous sommes tous convaincus que notre méthode est forcément la meilleure. Mais une girafe peut-elle imposer une autre façon de marcher à un canard ? ou à un kangourou ? ou même à un poisson ou un oiseau ? Ce sont des questions que l’on peut se poser.

 

Dans les Églises, les sensibilités peuvent varier, les façons de s’exprimer également (certains sont plus expressifs que d’autres), mais la vérité reste une car Jésus nous dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi »

On peut rajouter deux autres versets :

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Éph 4.1-6)

ou :

« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients.… » (Col 1.9-11)

 

Activité : changeons de point de vue !

Création d’anamorphoses de mots ou serpents de mots ou mots en miroir.

Une anamorphose de mot est une distorsion ou une déstructuration du mot qui ne permet pas de le lire correctement, sauf si l’on se place d’un certain point de vue qui donnera la “clé” pour accéder à la lecture du mot. L’objectif est ici de montrer qu’en changeant de point de vue, ce qu’on voit ou perçoit peut-être totalement différent de notre première approche !

Montrer d’abord un exemple d’anamorphose de mot. Exemple avec le texte « DIEU EST AMOUR »

AnamorphosePour l’exemple ci-dessus, le texte devient lisible quand on positionne son regard au même niveau que la feuille posée à plat sur une table. L’effet de la perspective étant ainsi réduit, les lettres semblent moins allongées et il devient plus facile de lire le texte !

On peut ensuite donner à chaque enfant un “mot secret” différent (ou groupe de mots) à reproduire également sous forme d’anamorphose.

Les autres enfants devront essayer de déchiffrer le mot de leurs camarades. En collectant toutes les réponses, ils devraient pouvoir reconstituer un verset (par exemple Jean 4.24 « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » qui résume le fait qu’on ne peut forcer quelqu’un à croire s’il n’en a pas la conviction, on ne peut adorer Dieu que « en esprit et en vérité »!)

 

Les serpents de mots sont des phrases écrites sans séparation ni ponctuation entre les mots. Les enfants doivent reconstituer la phrase qui est cachée dans le serpent de mots.

Exemple avec la phrase: « Dieu est esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » :

 

Les mots en miroir se lisent à l’aide d’un miroir.

Exemple avec « Dieu est esprit »:

Autres exemples de lettres disposées à des distances différentes et qui forment des mots quand on les regarde d’un certain point de vue.

Boum 1

Boum 2

Chic 1

Chic 2

Foot1

Foot2

On peut faire créer aux enfants un décor d’anamorphose avec des mots courts de 4 lettres.

Voici des vidéos pleines d’ingéniosité qui jouent à fond sur les effets d’anamorphoses:

https://youtu.be/tBNHPk-Lnkk

 

Temps de prière

Utiliser des supports tels que :

  • Cocotte de prière (origami), tutoriel sur

choisislavie.eklablog.com/cocotte-de-priere-a88371143

  • Galets
  • Cube de prière (image collée ou dessinée sur chaque face du cube)

 

Ou utiliser des mots clés comme : pardon, perdu, retrouvé, peur, erreur, ne pas forcer…

Séquence 4 : Animation pour les 11-14 ans

 

Objectifs de séance

  • J’apprends à résister, guidé par l’espérance et la confiance en l’amour de Dieu.
  • Je découvre la lutte non violente et je développe mes capacités à l’exercer.
  • Romains 8.25-38: Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.
  • Éphésiens 6.10-18: Les armes que Dieu fournit.
  • Matthieu 5.10-12 : “Heureux ceux qui sont persécutés !”

 

Texte biblique : Mathieu 5 versets 10 à 12

Donner aux enfants le texte avec les versets non numérotés et dans le désordre.

Leur demander de reconstituer le texte par groupe de deux ou trois.

Lire le texte avec échange oral pour s’assurer d’une bonne compréhension.

 

Débat

Comment être heureux si on nous insulte, si on nous maltraite ? C’est Jésus, dans son « sermon sur la montagne » qui parle ainsi à ses disciples : « Heureux si l’on vous persécute parce que vous croyez en moi ! »

  • Est-ce que j’ai déjà été confronté à cette situation ?
  • Qu’est-ce que j’ai ressenti ?
  • Comment ai-je réagi ?
  • Est-ce que je connais des pays où les chrétiens sont persécutés ?
    • Une vidéo de 3mn à montrer aux jeunes sur Youtube :

 

Texte biblique : Éphésiens 6.10-18 (les armes que Dieu fournit)

Comment réagir concrètement face aux pressions ou aux agressions que nous pouvons subir en raison de notre foi ?

Dans l’épitre aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous invite à puiser notre force dans l’union avec le Seigneur : le combat du croyant est d’abord intérieur. Le texte nous parle de l’armement spirituel qui va nous protéger et assurer la victoire : vérité, droiture, foi, accueil du salut et de la parole de Dieu, prière, vigilance. Tout cela nous est donné si nous aimons le Seigneur de tout notre cœur !

 

Animation : Extrait de BD sur la vie de Martin Luther King

Le combat mené par Martin Luther King est un exemple qui illustre parfaitement l’efficacité et la pertinence de la lutte non-violente : une forme de résistance qui peut nous rappeler celle des huguenots au temps des persécutions !

Donner aux enfants les photocopies couleur (ou projeter l’extrait) de la BD où certains mots ont été remplacés par des ___________________

Demander aux enfants de retrouver les mots pour comprendre l’action conduite.

Rechercher avec les enfants des situations de la vie quotidienne dans lesquelles ils peuvent choisir un comportement non violent. On pourra mettre en scène certaines de ces situations, les interpréter pour mieux les comprendre.

 

Animation : la non-violence s’affiche

Il s’agit de réaliser une affiche format A3 pour valoriser la non-violence

  1. Les enfants peuvent partir d’une situation vécue ou observée : harcèlement à l’école, injustice, agression…
  2. Choisir un slogan.
  3. Montrer et expliquer son travail au reste du groupe ou échanger les affiches et analyser le message qu’elles contiennent.

 

Temps de prière à partir de Romains 8.31-39

Un temps de prière pour confier à Dieu les difficultés des chrétiens qui abandonnent leur foi parce qu’ils ont trop de mal à résister.

Seul et vulnérable

Séquence 3 : Animation pour les 11-14 ans

 

Objectifs de la séance

  • Je découvre que le groupe n’a pas toujours raison et qu’il peut être manipulé.
  • Je découvre et j’apprends à identifier les influences que je subis et j’essaie de trouver le chemin de ma liberté.

Jean 19.1-16 : La foule réclame la mort de Jésus

Jésus se retrouve face à une foule en furie qui hurle, crie, tempête pour exiger sa mort. Une semaine avant, elle l’acclamait comme un roi à son entrée à Jérusalem monté sur un âne (cf. Matthieu 21.1-11). Que s’est-il passé pour qu’elle veuille lyncher celui qu’elle vénérait il y a juste quelques jours encore ? Qu’est-ce qui a bien pu lui “retourner la tête”, lui faire changer d’avis à ce point pour qu’elle veuille maintenant le voir mourir ? Bien pire, la foule en est même venue à préférer relâcher le brigand Barabbas (cf. Matthieu 27.11-26) que de laisser la vie sauve à Jésus ! Il faut mener l’enquête pour retrouver les motivations de sa condamnation à mort.

Cette histoire donne l’occasion de réfléchir à ce qui a bien pu façonner la décision de la foule. Est-ce une décision libre et mûrement réfléchie ? Est-ce une condamnation juste après un procès équitable ? Ou est-ce un lynchage public ? Qui a intérêt à cette décision ? Qui décide en fin de compte ? N’est-ce pas le fruit d’une manipulation de la foule pour des raisons politiques ou religieuses ?

Ponce Pilate le gouverneur romain, est-il le seul à détenir l’autorité politique, le seul habilité à prendre la décision de condamner un homme à mort ? Jésus est-il condamné à mort pour un motif politique comme “roi des juifs” qui contesterait l’autorité de Rome ou comme agitateur révolutionnaire cherchant à provoquer un soulèvement populaire contre Rome ?

Les pharisiens et les autres autorités juives donnent des arguments religieux à sa condamnation : Jésus se serait “fait” Fils de Dieu ? D’abord il faudrait trouver un texte dans la loi juive (dans l’Ancien Testament) qui interdit à un homme de se prétendre fils de Dieu (cf. par exemple le Ps 2 qui donne le titre de Fils de Dieu au Roi David lors de son intronisation royale). Ensuite il faudrait prouver la véracité de cette accusation : est-ce qu’il y a un passage de l’évangile où Jésus se “fait” fils de Dieu (cf. le Prologue de Jean 1.1-14 qui déclare que Jésus est Dieu AVANT même la création du monde) ?

Qui a poussé la foule dans cette direction ? Cette question des motivations d’une mise à mort se retrouve à peu près dans les mêmes termes que lors de l’assassinat du roi Henri IV par Ravaillac : motifs politiques ? religieux ? fanatisme ? manipulation ?

 

Accroche 

 Pour découvrir le texte biblique, donner aux enfants les versets dans le désordre, reconstituer l’histoire dans sa chronologie et la lire.

Pour imprimer le texte biblique : http://www.la-bible.net

 

 Discussion

Analyser les différentes étapes qui ont amené à l’arrestation, au jugement et à la condamnation de Jésus : qui a pris la décision, (les Romains, les chefs juifs ou la foule ?) est ce que quelqu’un est manipulé ? si oui comment ? comment Pilate essaie-t-il de résister à la pression de la foule ? quels arguments sont développés par ceux qui veulent la mort de Jésus ?

Pouvez-vous trouver des exemples dans l’actualité de situations similaires (sans forcément aller jusqu’à la mort).

Qui vous informe de ce qui se passe autour de vous ? Comment être sûr que c’est la vérité ?

Identifiez ce qui vous touche personnellement dans un film ou l’actualité par exemple et expliquez pourquoi. Y a-t-il des films ou des émissions de télévision que vous refusez de voir ? Des évènements qui vous ont marqué ? L’intérêt consiste à faire prendre conscience de ce qui m’influence et notamment le pouvoir des images.

L’animateur veillera à valoriser dans la discussion la nécessité d’apprendre à penser par soi-même, savoir résister aux méthodes de manipulations utilisées par les professionnels des médias, de la publicité, de la politique … savoir dire non aux autres, et à oser exprimer ses convictions…même à contre-courant…

Être témoin 

Demander aux enfants de raconter une situation au cours de laquelle ils ont ressenti la pression du groupe (copains de la classe, club de sport, famille…) et la difficulté de s’en démarquer. Il est nécessaire que l’animateur ose témoigner de son vécu personnel sur ce thème notamment sur la difficulté d’oser dire sa foi chrétienne dans une société sécularisée.

 

Vidéo pour faire réfléchir

Vous pouvez regarder le début de la vidéo pour donner envie aux jeunes de la visionner entière chez eux plus tard car elle est un peu longue (presque 1h). « Les techniques de la manipulation, tous manipulés »

 

Animation : mettre en scène le procès des responsables de la mort de Jésus

Recréer un tribunal en répartissant les rôles entre les enfants : les juges, les avocats, les témoins, les experts, les accusés pour répondre à la question : « Qui est responsable de la condamnation à mort de Jésus ? »

–        Accusés : Ponce Pilate, les chefs des juifs, la foule

–        Texte biblique : Jean 19.1-16

–        Temps de préparation avec le texte biblique (1/2 heure)

–        Temps de plaidoiries (5 mn pour chaque partie : défense et accusation)

–        Temps du jugement (10 mn)

–        Discussion : l’enjeu consiste à faire prendre conscience aux enfants de la dilution des responsabilités, chacun essayant de faire porter le chapeau à l’autre

Activité : création d’un logographe

Trouver un ou plusieurs mots clés dans le texte et les illustrer en collant des lettres et décorer l’affiche pour illustrer le ou les mots choisis. Là où les affiches pourront être exposées et expliquées par les jeunes lors d’un culte. Explications avec le lien ci-dessous :

http://www.kt42.fr/2016/06/creer-un-logographe-panneau.html 

 

Ravaillac a assassiné le « bon roi » Henri IV

 Il est possible de retrouver ce récit :

 

Animation : Cluedo

        Petit voyage dans le passé… Une personne proche de Henri IV vient et demande au groupe de l’aider pour découvrir qui est le meurtrier du roi ? Par qui ? Il donne trois noms de suspects …

  • Par Ravaillac avec un couteau car il pense que Henri IV est contre le pape
  • Par Catherine de Médicis avec un chandelier car elle est jalouse du pouvoir
  • Par Marie de Médicis avec une flûte car elle sait que son mari s’est marié avec elle que par intérêt.

Il donne la feuille de route à trois équipes constituées:

Cluedo fiche personnages tableau 1Cluedo fiche personnages tableau 2Cluedo fiche personnages tableau 3Cluedo fiche personnages 1

  • Ravaillac – Catherine de Médicis – Marie de Médicis
  • Catherine de Médicis – Marie de Médicis – Ravaillac
  • Marie de Médicis – Ravaillac – Catherine de Médicis

Chaque groupe commence à aller voir son premier personnage et doit rester 5 minutes avant d’aller rencontrer son second et son troisième personnage.

À la fin des rencontres, les 3 équipes se retrouvent dans une pièce pour échanger à propos de leurs rencontres et pour décider ensemble qui est meurtrier.

Discussion autour des réponses, et l’ami d’Henri IV leur demande de trouver une enveloppe dans un endroit défini avec la réponse à l’intérieur … (Par Ravaillac avec un couteau car il pense que Henri IV est contre le pape). Un des personnages lui a révélé l’identité du tueur !

 

Faisons le lien (avec le récit de la foule qui exige la mort de Jésus)

 La découverte de l’histoire de l’assassinat de Henri IV par Ravaillac doit être l’occasion d’investir ce qui a été discuté autour du texte biblique (Jean 19.1-16).

On remarquera assez facilement le parallèle des situations : la foule manipulée crée les conditions d’un assassinat politico-religieux, la dispersion de la responsabilité (dans les deux cas, il semble très difficile de dénoncer qui porte la responsabilité d’avoir pris la décision).

Cette discussion sera l’occasion de réfléchir avec les adolescents sur la question de leur liberté de penser, de prendre des décisions, des lieux de manipulation possible, des motivations cachées…qui a intérêt ou est susceptible de chercher à les manipuler ?

 

 Prière

On peut utiliser un support pour aider les catéchumènes à s’exprimer : mettre à disposition des petits papiers avec des mots déjà écrits ou les inscrire sur un dé de prière que chacun lance pour découvrir un mot (ou une expression). Par exemple utiliser les mots : vérité, mensonge, recherche, erreur, étiquette, mort, foi, amour…

Séquence 2 : Animation pour les 11-14 ans

Objectifs de séance

  • Je découvre qu’il y a des questions difficiles qui ne peuvent pas être résolue de manière simple et binaire (par une réponse en oui ou non)
  • Je réfléchis aux différentes manières de réagir devant un « cas de conscience »
  • Je découvre la sagesse de Dieu qui aide au discernement
  • J’apprends à débattre en exprimant mon opinion, en cherchant à argumenter ce que je pense pour convaincre et aussi éventuellement être convaincu par les arguments des autres.

1 Rois 3.16-28 : le jugement de Salomon

Romains 12.2 : apprendre à discerner

 

Accroche : Sondez vos cœurs et vos consciences !

  • Pour chaque situation donnée, les enfants devront répondre le plus sincèrement possible. Rayer les options non choisies. Avertir les enfants qu’ils devront argumenter leur choix à la fin devant le groupe.
·       Situation ·       Premier choix ·       Deuxième choix ·       Troisième choix
·       Je suis témoin d’une bagarre entre un garçon et une fille. ·       Je tente de les séparer. ·       Je défends un des deux en tapant sur l’autre. ·       J’appelle du secours.
·       Mon portable a disparu dans les vestiaires de l’école et je pense savoir qui est le voleur.

·

·       J’essaie de le récupérer moi-même en allant fouiller son sac. ·       Je vais le dénoncer au CPE ou au surveillant. ·       Je demande l’aide de mes camarades pour me venger.
·       Mon meilleur ami a menti à ses parents sur son emploi du temps en me prenant comme alibi. ·       C’est mon meilleur ami, je ne peux donc pas le trahir et je ments à ses parents. ·       Je fais comprendre à ses parents que c’est compliqué, que je ne sais pas… ·       Je dis la vérité à ses parents, il n’avait pas à me mêler à ses affaires.

·

·       Je trouve un billet de 20 € au pied du bureau de mon professeur. ·       Je le lui donne immédiatement. ·       Je le garde car rien ne prouve qu’il soit à mon professeur. ·       Je le prends pour le donner à la collecte de l’Église.

·

·       Mon pire ennemi a perdu ses lunettes en tombant et je viens de les retrouver. ·       Je les laisse là où elles sont. ·       Je les ramasse et je lui demande de s’excuser avant de les lui rendre.

·

·       Je marche dessus pour les casser et je les lui rends en disant que je les ai trouvées cassées.

 

  • Organiser le débat sur les différentes attitudes à adopter dans une situation donnée : Avez-vous été sincères dans vos réponses ? Avez-vous hésité ? Pourquoi ? À quel moment est-on « juste » ? Pourquoi est-ce parfois difficile de trouver l’attitude juste ?
  • Variante en match d’improvisation : on peut faire de cette accroche un match d’improvisation en formant des équipes qui s’affrontent autour d’une même situation (colonne 1) tirée au sort. Comme dans les matches d’improvisation, ceux qui ne jouent pas servent de public et s’expriment soit en jetant des pantoufles (en signe de mécontentement) soit à l’applaudimètre (en signe d’approbation).

 

Animation biblique : 1 Rois 3.16-28, le jugement de Salomon

  • Le jugement de Salomon, est un épisode de la vie du roi Salomon qui est raconté dans le premier livre des Rois (3.16-28). Le roi Salomon tranche le litige entre deux femmes qui prétendent être la mère d’un même enfant. La solution trouvée par Salomon – couper l’enfant en deux et en remettre une moitié à chacune des femmes – permet se découvrir quelle est la vraie mère (celle qui refuse le verdict et préfère que l’enfant vive, et qui ainsi pourra le voir). D’après la Bible, cet épisode illustre la sagesse du roi. Comme l’écrit le pasteur Patrice Rollin : « Le français est bien injuste avec Salomon. Car en français l’expression “un jugement de Salomon” est souvent employée à tort dans la presse pour désigner un jugement en demi-teinte qui ne satisfait personne en refusant de trancher clairement. Un jugement “qui coupe la poire en deux” . Si l’épisode biblique était vraiment connu, cette expression “un jugement de Salomon” devrait au contraire désigner une décision de justice particulièrement nette, juste et habile, et qui manifeste une intelligence aiguë de la situation. »
  • Juger, et bien juger selon les jugements de Dieu, est donc dans la Bible, et dans tout l’Orient ancien, une attribution essentielle du roi. Gouverner et bien juger vont ici de pair ; on ne parle pas encore de séparation des pouvoirs à l’époque ; encore que comme source de la justice est en Dieu, cela induit logiquement la possibilité d’un jugement par Dieu du pouvoir lui-même. C’est dans ce sens qu’un des livres de la Bible s’intitule “Juges”. Ceux qui sont ainsi dénommés sont d’abord des personnages charismatiques suscités par Dieu. Leur fonction essentielle n’est donc pas d’abord de juger, ni d’exercer la justice dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui, mais bien de gouverner temporairement le peuple et quelquefois de combattre les agresseurs du peuple d’Israël. Et pourtant, ces hommes sont quand même appelés des ‘juges’, et il est écrit qu’ils jugent Israël, c’est-à-dire qu’ils le gouvernent sous la direction de Dieu. »

 

Proposition d’animation :

Étape 1 : Lire les versets 16-22 pour poser la situation. Laisser réagir librement (5 mn).

Étape 2 : En répartissant les enfants par petites équipes de 3 maximum, demander à chaque équipe d’imaginer la suite de l’histoire et de la jouer en la transposant aujourd’hui (10 mn).

Étape 3 : Faire jouer les suites possibles par les différentes équipes.

Étape 4 : Faire voter tous les enfants, chacun selon son opinion, quelle a été l’attitude la plus sage ? Pourquoi ? (10 mn)

Étape 5 : Lire les versets 23-28. Laisser réagir librement puis questionner à partir du verset 28 : en quoi Salomon a-t-il montré qu’il avait la sagesse de Dieu en rendant son jugement ?

Étape 6 : Lire Romains 12.2. Questionnements possibles : qu’est ce que cela veut dire pour vous de « vivre selon les coutumes du monde » ? Qu’est ce que cela signifie « renouveller son intelligence » ?

Étape 7 : Faire le lien avec l’histoire de Calvin et Castellion à propos de la condamnation à mort de Michel Servet.

 

Repères historiques : le débat entre Calvin et Castellion

  • On peut ici visualiser le DVD.
  • Il est aussi possible de choisir de raconter l’histoire en utilisant les visuels: (accéder aux visuels sur le site editions-olivetan.com) : Portraits des personnages, bulles avec ce que chacun disent ou pensent, leur étiquette religieuse, leur fonction…
  • Séquence 2 Castellion
  • Introduction:
  • Depuis les grands Conciles oecuméniques (rassemblement de tous les représentants et des théologiens de toutes les Églises), on s’est mis d’accord sur les fondements de la foi chrétienne. Ceux qui défendent des idées différentes ou contraires à la foi chrétienne sont alors considérés comme des « hérétiques ». Pendant des siècles, leurs idées vont tout de même circuler à travers le monde.

 

  • Dans les années 1550, Michel Servet, médecin espagnol (épingler son portrait), fait siennes quelques unes de ces idées jugées depuis longtemps comme hérétiques. Il est dénoncé et condamné par l’Inquisition (police religieuse) et espère trouver refuge et surtout faire valoir ses idées auprès de Calvin. Pour lui, la Trinité n’existe pas : Dieu, Jésus et le Saint-Esprit sont des « personnes » distinctes (épingler la bulle verte : Dieu + Jésus + Saint-Esprit = 3) De fait, il en déduit que Jésus n’est pas Dieu (épingler la bulle verte : Jésus ≠ Dieu) et que Dieu est le même Dieu pour les trois religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam (épingler la bulle verte restante).Michel Servet
  • Jean Calvin, Réformateur français vivant à Genève (épingler son portrait), ne peut pas laisser dire ça. Laisser libre cours à ces idées prouverait aux yeux des catholiques que le protestantisme est une hérésie et que les protestants ne sont pas des vrais chrétiens. À ses yeux, il faut tout faire pour éradiquer ces idées dangereuses y compris par la force. Comme tous les autres, Calvin cherche à défendre la foi chrétienne en condamnant sévèrement Michel Servet. Il réaffirme le principe de la Trinité : Dieu, Jésus et le Saint-Esprit sont une seule et même personne. (épingler la bulle bleue : Dieu + Jésus + Saint-Esprit = 1) Pour expliquer ça aux enfants on peut utiliser l’exemple de l’eau : en glaçon, en vapeur ou en liquide, l’eau reste toujours de l’eau… Il en découle que Jésus ou Dieu, c’est pareil ! (épingler la bulle bleue : Jésus = Dieu)
  • Jean Calvin
  • Michel Servet représentant un danger pour le protestantisme naissant, Calvin pense qu’il faut l’empêcher de répandre ses idées ! Michel Servet est jugé par les responsables de la ville de Genève qui prennent soin de consulter tous les autres protestants en Suisse et en Allemagne. Tout le monde est d’accord et Calvin le premier. Servet est condamné à mort (épingler la bulle bleue restante) et envoyé au bucher…
  • Sébastien Castellion.jpg
  • Ayant été informé de cette exécution, Sébastien Castellion, un ancien élève de Jean Calvin, est très choqué par cette condamnation à mort d’un hérétique. (épingler le portrait de Castellion) En effet, Castellion est un fervent défenseur de la liberté de pensée : pour lui, nul n’a pas le droit de tuer quelqu’un à cause de ses idées (épingler la bulle orange « Tuer un homme, ce n’est pas tuer une idée, c’est tuer un homme. »). C’est une question de principe. Il fallait combattre Servet par les idées et les arguments et non en le jetant au feu. Seul contre tous, Castellion va donc s’opposer violemment à Calvin au nom de la liberté de conscience. Il défend également l’idée que nul ne connaît la vérité et qu’il faut lire la Bible en essayant de la comprendre et de l’interpréter en posant toutes les questions avec intelligence parce qu’il est impossible de la lire de manière littérale (épingler la bulle orange Bible = ?)

 

Débat

  • Il est intéressant d’essayer d’évaluer le débat entre Calvin et Castellion à la lumière du jugement de Salomon qui permettait de constater « que Dieu l’a rempli de sagesse pour rendre la justice » (1 Rois 3.28) comme sur l’appel de Paul aux Romains à ne pas suivre « les coutumes du monde où nous vivons » mais de laisser Dieu nous transformer en nous « donnant une intelligence nouvelle ». En essayant d’échapper à la caricature et à l’anachronisme qui jugerait le « méchant » Calvin face au « gentil » Castellion, c’est l’occasion d’une discussion avec les catéchumènes pour réfléchir avec eux sur l’intelligence et la sagesse qui vient de Dieu et qui permet de prendre des décisions justes dans des situations complexes.

 

Animation : Jeu du Marais

  • Le but du jeu est d’apprendre à exprimer son opinion, à argumenter pour convaincre et aussi éventuellement être convaincu par les arguments des autres débatteurs. Le tout dans un cadre bienveillant qui ne juge pas et qui ne conclut pas en donnant LA bonne réponse. Tout l’intérêt du jeu réside dans l’apprentissage du débat lui-même.
  • Dans un espace vide relativement grand on trace sur le sol avec de la corde ou de la craie 2 lignes pour séparer la salle en 3 parties égales.
  • Sur la place droite, le camp des « je suis d’accord ». Sur la gauche, celui des « je ne suis pas d’accord » et au milieu, c’est le « marais » (le camp où on reste quand on ne sait pas ou que l’avis est mitigé).
  • L’animateur introduit le jeu, explique que le but est de permettre à chacun de donner son avis dans le respect de tous et qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il affiche une affirmation sur le mur (ce n’est pas une question mais une affirmation formulée nécessairement de manière à ce qu’elle puisse être interprétée de différentes manières).
  • Les jeunes occupent l’espace, en fonction de leur conviction. Ils ont le droit de changer de place au fur et à mesure de la discussion. Un temps d’échange permet aux différents groupes de s’expliquer, simplement. Attention à garder l’accueil des diverses opinions, avec beaucoup de bienveillance et de joie (on rit souvent !).
  • Quelques exemples d’affirmations:
  • Il faut éliminer ceux qui mettent en danger la société.
  • – Je suis contre la peine de mort, sauf dans certains cas.
  • – C’est idiot de mourir pour des idées.
  • – Pas de pardon pour les terroristes !
  • – On ne peut pas tuer une idée, même si elle est dangereuse.
  • Retour sur l’expérience du jeu :
  • Chacun doit pouvoir s’exprimer librement sur son ressenti, ses émotions, ce qui lui a paru difficile, facile…

 

Temps de prière

  • Demander aux enfants d’identifier des questions difficiles qui les embarrassent et pour lesquelles ils ne trouvent pas de réponse. Les jeunes sont invités à les écrire de manière anonyme sur un petit papier qui ne sera pas lu en public mais qui leur permet de « déposer » la difficulté devant Dieu.

La prière sera conduite par un adulte qui apaise et dédramatise en partageant devant Dieu le fait que les adultes sont eux-aussi confrontés à des questions difficiles pour lesquelles on se sent déchirés, la conscience tiraillée. La prière aura pour objectif de tout déposer devant Dieu, d’implorer son esprit de sagesse et de discernement et de dire le pardon de Dieu pour les erreurs de jugement passées.

Séquence 1 : animation pour les 11-14 ans

Objectifs pédagogiques    

  • Je découvre le personnage de Luther, le cheminement qui l’a amené à prendre position et s’affirmer dans ses convictions, inspiré par l’Évangile.
  • Je reçois l’appel de Dieu à témoigner sans peur de ma foi en lui.

·       Actes 4.22 : « Nous ne pouvons pas renoncer à parler de ce que nous avons vu et entendu. »

 

Autour du texte biblique : Actes 4.1-22

·       Verset clé : « Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu; car nous ne pouvons pas renoncer à parler de ce que nous avons vu et entendu » (v19-20)

·       Il serait souhaitable de lire le chapitre en entier pour faciliter la compréhension du contexte.

Retour sur le texte 

·       Observez les différentes étapes du rapport de force entre les autorités religieuses d’un côté et Pierre et Jean de l’autre.

·       – Quelles sont les questions posées aux disciples et comment ces derniers arrivent-ils à répondre ? Comment trouvez-vous les réponses des disciples ?

·       – Quelles sont les méthodes et tactiques utilisées par les autorités pour essayer de piéger les disciples ? Comment les disciples réussissent à se tirer d’affaire ?

·       – D’où vient l’assurance de Pierre et Jean ? Quel est le rôle du Saint-Esprit ? Comment agit-il à travers la foule ? Qu’est-ce qui fait que les disciples sont protégés dans ce combat ?

 

Repères historiques : découvrir Martin Luther

  • Pour cette fois, vous pouvez simplement lire ensemble la rubrique : « Pour entrer dans l’histoire » afin de découvrir les points essentiels de la vie de Martin Luther. Vous pourrez également visionner le DVD du spectacle montrant cette partie de l’histoire.

 

Discussion

  • Après avoir fait le lien entre le récit des Actes et l’histoire de Luther à la Diète de Worms, inviter les jeunes à réfléchir sur l’affirmation de Luther : « Ma conscience est captive de la parole de Dieu ! Je ne peux ni ne veux me rétracter en rien, car il n’est ni sûr, ni honnête d’agir contre sa propre conscience. »
  • Questions :

Vous est-il déjà arrivé d’être contraint d’agir contre votre conviction intime ? Racontez en quelles circonstances.

Quelles sont vos convictions, celles qui vous sont les plus chères ?

Avez-vous suffisamment confiance dans vos convictions ?

Pour quels motifs seriez-vous prêts à défier une autorité ?

 

Activité d’appropriation : Affichons-nous

Thèse 62 de Martin Luther :

Le véritable trésor de l’Église, c’est le très saint Évangile de la gloire et de la grâce de Dieu.

L’affichage des 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg : un acte audacieux et courageux qui résulte d’une découverte personnelle. Comme Luther, affichons nos convictions ! Rédigez une phrase-choc, un slogan sur un verset qui nous tient à cœur : l’inscrire sur une grande feuille que vous pourrez éventuellement illustrer par des coupures de journaux.

 

Être un témoin

·       Quel témoignage, quelles propositions souhaitez-vous faire pour le monde ou l’Église d’aujourd’hui ? Conserver les différentes propositions des jeunes et les afficher lors d’un événement d’Église ou lors d’un culte. À cette occasion, les jeunes pourront expliquer leur choix à l’assemblée.

Temps de prière

·       En réponse à une question de son barbier qui voulait savoir comment prier, Martin Luther lui a conseillé de chercher à répondre aux quatre questions suivantes :

·       1. De quoi dois-je être reconnaissant ? (action de grâces)

·       2. Qu’est-ce que je regrette ? (confession)

·       3. Que devrais-je demander ? (intercession)

·       4. Que ferai-je ? (action)

·       Organiser le temps de prière sur ce schéma.