Séquence 5 : Animation pour les 15 ans et plus

Objectifs de Séance

  • Je découvre que la tolérance est fondée sur la possibilité de se tromper, accordée à tous.
  • J’apprends à écouter et obéir à ma propre conscience dans ma démarche de foi, afin d’essayer d’être toujours vrai et sincère devant Dieu.
  • J’apprends à considérer l’errance d’une personne comme une étape dans son cheminement spirituel, dans ma recherche de la vérité et de la vraie liberté.
  • Je comprends que la foi est une rencontre avec Dieu qui passe par les chemins de la volonté, du cœur et de l’esprit.
  • Je comprends que l’on ne peut envisager le recours à la force comme moyen possible de convaincre quelqu’un de la vérité ou comme moyen de l’amener à avoir la foi. Il est important d’être dirigé par l’amour du prochain et par le Saint-Esprit dans notre démarche de témoignage.
  • Actes 9.10-19 (sincèrement dans l’erreur…) + Romains 7.18-20

 

Accroche : les illusions d’optique

Pour aborder la problématique des divergences de points de vue sur un même support / objet d’étude, on peut partir d’une image qui n’est généralement pas perçue ou lue de la même façon par tout le monde.

Consigne : Voici une image un peu spéciale: tout le monde n’y verra peut-être pas la même chose! Dites en un mot ce que vous voyez, et justifiez votre réponse en décrivant les détails qui vous ont amené à donner cette interprétation de l’image.

Trompe l'oeil 2 1    Trompe l'oeil 3  2

Illustration n°1 : soit on voit une vieille dame au nez crochu coiffée d’un fichu, soit on voit une jeune femme brune vue de profil, qui tourne la tête vers l’arrière.

Illustration n° 2 : soit on voit la fenêtre d’en haut, soit on la voit d’en bas…

NB : Vous pourrez trouver d’autres exemples sur le site d’ophtalmologie appelé ophtasurf : http://ophtasurf.free.fr/illusionartp1.htm

Conclure sur la relativité/subjectivité de nos perceptions !

 

Le texte biblique : Actes 9.10-19 (Sincèrement dans l’erreur…)

Lire ce récit sur la vie de Paul avant et après sa conversion.

Ce texte a été choisi pour montrer à quel point on peut être sincère et pieux d’un point de vue extérieur, mais pourtant être totalement dans l’erreur… Il montre aussi que les méthodes humaines où l’on a recours à la contrainte et la force dans le domaine de la foi et des convictions ne sont pas celles de Dieu. Dieu au contraire veut changer le cœur de Paul qui utilisait la force contre les chrétiens. C’est exactement le point de vue de Pierre Bayle face à la persécution des protestants par Louis XIV (Cf. ci-dessus : « Questions théologiques »).

Insister en particulier sur les changements apportés par sa « rencontre » avec Christ non seulement sur son être intérieur, mais aussi sur sa façon d’aborder les croyants d’une part, mais aussi les non croyants. Il deviendra alors un fidèle et puissant témoin de Christ et un missionnaire engagé dans la propagation de la foi.

En tant que pharisien, Paul était un notable parmi les religieux de l’époque, et un fervent défenseur de la loi et de la doctrine fondamentaliste à laquelle il adhérait. Après la résurrection du Christ (où se situe cet épisode des Actes des apôtres), son engagement l’a amené à combattre les chrétiens et les traquer en vue de les éliminer, ou tout au moins de les empêcher de propager leurs idées et leurs croyances en cet homme nommé Jésus qu’ils considéraient comme le Messie tant attendu par les israélites.

Sur la route de Damas, il fit une expérience majeure qui transforma sa vie, puisqu’il fut aveuglé et interpellé directement par une voix qui lui disait : « Pourquoi me persécutes-tu ? ». Ayant reconnu à ce moment-là qu’il s’agissait évidemment de ce Jésus qu’il combattait de toute ses forces, il décida de suivre les instructions de cette voix afin de recouvrer la vue, et il marqua son engagement en parlant, partout où il le pouvait, de Jésus comme du Messie promis, et de l’œuvre qu’il avait accomplie sur la croix pour le salut de l’humanité.

Son témoignage est celui d’un homme sincèrement convaincu de son erreur, qui a su reconnaître qu’il s’était trompé, et qui, après cette expérience marquante, s’est laissé guider par ses nouvelles convictions intérieures, le Saint-Esprit en lui. Il a réorienté son engagement et sa vie en cohérence avec sa foi en Christ.

Reprendre les éléments les plus significatifs de la biographie de Pierre Bayle et ce qui l’a amené à promouvoir la notion de « tolérance de la conscience errante » (Cf. fichier audio ou DVD du spectacle).

 

Vidéo : la fable du vent et du soleil

Regarder la vidéo puis faire réfléchir sur la méthode qui s’est avérée la plus efficace pour convaincre le voyageur d’enlever son écharpe : la force du vent opposée à la douceur du soleil.

adresse: https://www.youtube.com/watch?v=qPMBdPrcp2A)

 

Être témoin

Ouverture sur la vie des participants par des questionnements :

Comment ce récit s’applique-t-il à moi concrètement ? Comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ceux qui pensent et croient différemment de moi ? Suis-je tolérant, ou est-ce que je cherche à les convaincre pour montrer que j’ai raison, que c’est moi qui suis dans la vérité alors que l’autre est dans l’erreur ?

Qu’en est-il de mon témoignage ? Est-ce que ma vie est en accord avec les idées et les principes auxquels je crois profondément ? Avec la foi que je prétends avoir ? Avec les valeurs que je proclame être vraies et justes ? Est-ce que ma démarche de témoignage, d’échange ou de partage avec mon prochain est motivée par l’amour et le respect de ce qu’il est et de ce qu’il croit fermement ou même de ses doutes ?

Donner quelques exemples concrets dans lesquels les participants peuvent se retrouver. Pour les plus jeunes, insister surtout sur l’accueil plus ou moins chaleureux et amical qu’ils réservent parfois à ceux qui sont différents (les handicapés, les obèses, les noirs, ceux qui ne sont pas très « à la mode » dans leur habillement ou leurs jeux, etc.)

La leçon à tirer de cette vidéo peut trouver une application lorsque l’on témoigne de sa foi.

En effet :

  • Soit que l’on veuille user de violence pour forcer quelqu’un à croire,
  • Soit que l’on veuille lui imposer des préceptes et des règles de vie pour qu’il cesse de commettre des « péchés »,
  • Soit que l’on multiplie les arguments pour chercher à le convaincre de croire en Dieu,

Cela ne sert souvent de rien, car :

  • La foi est avant tout affaire de cœur, et une conversion verbale sans l’adhésion du cœur n’est rien d’autre que du vent,
  • pour celui qui est perdu, il ne suffit pas de changer de mode de vie, il faut accepter l’autorité de Dieu dans sa vie
  • Le meilleur « argument » de Dieu pour tous les hommes reste son amour inconditionnel, comme le soleil a déversé sa chaleur en abondance pour convaincre le marcheur de retirer son vêtement.

 

Discussion : Chrétien ? Protestant ? Frère ?

Réflexion sur ce que signifie être « chrétien », et être « protestant ».

On peut commencer par présenter des étiquettes avec les mots : « évangéliques », « baptistes », « presbytériens », « luthériens », « calvinistes », « apostoliques », « mennonites », « amish », « quakers », « catholiques », « orthodoxes », « anglican » etc. pour aborder toute la diversité de l’Église universelle aujourd’hui, avec toutes les différentes dénominations qui la composent.

Montrer surtout que cette pluralité ne signifie pas que certains groupes d’Eglises sont dans l’erreur alors que d’autres détiendraient la vérité suprême. La vérité est plutôt une quête individuelle et collective qui se poursuivra inlassablement jusqu’au retour final de Jésus-Christ. C’est un cheminement qui se fait souvent par paliers, comme la reconstitution d’un puzzle qui peut prendre plus ou moins de temps, mais tant qu’on n’a pas totalement reconstitué l’ensemble de ce puzzle, on est encore partiellement dans l’erreur. Heureusement, Dieu, qui connait nos cœurs, sait être patient et rempli de grâce envers nous.

Montrer que pour les chrétiens qui composent l’Église en général, cette quête a été constamment entretenue et renouvelée par les défis qui nous étaient lancés par le monde, soit par les épreuves qu’il nous infligeait, soit par les positions contradictoires qu’il nous opposait. Aujourd’hui encore le monde nous interroge et nous remet sans cesse en question, il est donc important de pouvoir proclamer et justifier nos croyances et nos convictions en s’appuyant sur l’aide du Saint-Esprit et une bonne connaissance de la Parole de Dieu.  C’est son étude régulière et approfondie qui va alimenter notre foi et notre espérance pour nous rapprocher le plus possible de la vérité, et c’est notre attitude de tolérance et d’amour envers ceux que nous considérons être « dans l’erreur » qui va donner du poids à notre témoignage.

La tolérance s’impose donc comme une manifestation nécessaire de notre amour et respect de l’autre en tant qu’être humain, et de notre humilité devant la vérité qui n’appartient qu’à Dieu seul.

C’est en tolérant leurs errances qu’on leur permettra d’être cohérent avec leurs convictions profondes, et c’est en comptant sur l’action conjointe du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu qu’on leur permettra d’avancer dans leur quête vers la vérité.

Pour un groupe assez avancé, on peut aborder la question des limites de la tolérance : Qui puis-je appeler mon « frère » (ou ma « sœur ») dans la foi, et qui ne l’est pas ? Sur quels critères va-t-on se baser pour répondre à cette question ? Jusqu’à quel point puis-je envisager de collaborer dans l’œuvre de Dieu avec quelqu’un qui ne partage pas totalement les mêmes croyances/convictions que moi ?

Voici, pour alimenter la réflexion, une citation de Saint Augustin qui peut être intéressante à méditer sur le thème de la tolérance :

« À force de tout voir, on finit par tout supporter…

À force de tout supporter, on finit par tout tolérer…

À force de tout tolérer, on finit par tout accepter…

À force de tout accepter, on finit par tout approuver ! »

Attention ! Saint Augustin n’est pas un modèle de tolérance : il est celui qui a demandé à l’empereur d’utiliser la force pour contraindre les hérétiques de son temps à revenir dans le giron de l’Église. C‘est lui qui a osé dire : « L’Église persécute par amour. »

Activité

Réécriture à partir du poème « Si… » de Rudyard Kipling.

Voici le poème de Rudyard Kipling, daté de 1910, intitulé « If » tiré du site de calligraphie et d’enluminure de « Guérande ».

http://www.atelierguerande.com/124-si-de-kipling-tu-seras-un-homme-mon-fils.php

Kipling

Le texte de « Si… »

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, 

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties 

Sans un geste et sans un soupir ; 

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, 

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, 

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, 

Pourtant lutter et te défendre ; 

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 

Travesties par des gueux pour exciter des sots, 

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles 

Sans mentir toi-même d’un mot ; 

 

Si tu peux rester digne en étant populaire, 

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, 

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, 

Sans qu’aucun d’eux ne soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître, 

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 

Penser sans n’être qu’un penseur ; 

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 

Si tu peux être brave et jamais imprudent, 

Si tu sais être bon, si tu sais être sage, 

Sans être moral ni pédant ; 

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, 

Si tu peux conserver ton courage et ta tête 

Quand tous les autres les perdront, 

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 

Seront à tout jamais tes esclaves soumis, 

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire :

Tu seras un homme, mon fils. 

 

Consigne:

Rédiger un slam (avec rythme et accompagnement musical) d’un père à l’attention de son fils sur l’attitude à adopter vis-à-vis de ceux qui sont différents et pensent différemment de nous. On peut éventuellement imposer des mots-clés comme : vérité / erreur, accepter / refuser, sincérité, sévérité, faible / fort, conscience, respect / violence, etc.

Il est important de prévoir un moment de partage du texte avec la communauté lors d’un culte.

Être témoin

Donnez vous-mêmes un mot, ou demandez à une personne de la paroisse de venir témoigner : « comment dans son contexte de travail elle essaye de signifier, de montrer qu’elle est chrétienne, qu’elle suit le Christ, tout en respectant les autres ». Comment elle tente de trouver l’équilibre en « rendant compte de l’espérance qui est en elle », et en même temps de ne pas l’imposer aux autres.

 

Temps de prière

Pour la prière, utiliser Romains 7.18-20 comme support de prière d’humilité qui dépose devant Dieu la difficulté à agir comme on aimerait. Cette prière peut se faire dans le silence avec un fond musical doux.

Ne surtout pas oublier de clore ce moment par une proclamation de la grâce en utilisant les deux versets qui suivent :

Romains 7.25 et 8.1 : Dieu soit loué, par Jésus-Christ notre Seigneur. […] Maintenant donc, il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis à Jésus-Christ.

Le texte de Rudyard Kipling peut être utilisé comme envoi de ce petit temps de culte.

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