Séquence 5 : Animation pour 11-14 ans

Objectifs pédagogiques

  • J’apprends à faire la différence entre « croire » et « savoir », entre une conviction et une connaissance irréfutable.
  • Actes 9.10-19 (Sincèrement dans l’erreur…) + Romains 7.18-20

 

Accroche : les illusions d’optique

Pour aborder la problématique des divergences de points de vue sur un même support / objet d’étude, on peut partir d’une image qui n’est généralement pas perçue ou lue de la même façon par tout le monde.

Consigne : Voici une image un peu spéciale: tout le monde n’y verra peut-être pas la même chose! Dites en un mot ce que vous voyez, et justifiez votre réponse en décrivant les détails qui vous ont amené à donner cette interprétation de l’image.

Trompe l'oeil 2 1    Trompe l'oeil 3  2

Illustration n°1 : soit on voit une vieille dame au nez crochu coiffée d’un fichu, soit on voit une jeune femme brune vue de profil, qui tourne la tête vers l’arrière.

Illustration n° 2 : soit on voit la fenêtre d’en haut, soit on la voit d’en bas…

NB : Vous pourrez trouver d’autres exemples sur le site d’ophtalmologie appelé ophtasurf : http://ophtasurf.free.fr/illusionartp1.htm

Conclure sur la relativité/subjectivité de nos perceptions !

 

Le texte biblique : Actes 9.10-19

Lire ce récit sur la vie de Paul avant et après sa conversion.

Ce texte a été choisi pour montrer à quel point on peut être sincère et pieux d’un point de vue extérieur, mais pourtant être totalement dans l’erreur… Il montre aussi que les méthodes humaines où l’on a recours à la contrainte et la force dans le domaine de la foi et des convictions ne sont pas celles de Dieu. Dieu au contraire veut changer le cœur de Paul qui utilisait la force contre les chrétiens. C’est exactement le point de vue de Pierre Bayle face à la persécution des protestants par Louis XIV (Cf. ci-dessus : « Questions théologiques »).

Insister en particulier sur les changements apportés par sa « rencontre » avec Christ non seulement sur son être intérieur, mais aussi sur sa façon d’aborder les croyants d’une part, mais aussi les non croyants. Il deviendra alors un fidèle et puissant témoin de Christ et un missionnaire engagé dans la propagation de la foi.

En tant que pharisien, Paul était un notable parmi les religieux de l’époque, et un fervent défenseur de la loi et de la doctrine fondamentaliste à laquelle il adhérait. Après la résurrection du Christ (où se situe cet épisode des Actes des apôtres), son engagement l’a amené à combattre les chrétiens et les traquer en vue de les éliminer, ou tout au moins de les empêcher de propager leurs idées et leurs croyances en cet homme nommé Jésus qu’ils considéraient comme le Messie tant attendu par les israélites.

Sur la route de Damas, il fit une expérience majeure qui transforma sa vie, puisqu’il fut aveuglé et interpellé directement par une voix qui lui disait : « Pourquoi me persécutes-tu ? ». Ayant reconnu à ce moment-là qu’il s’agissait évidemment de ce Jésus qu’il combattait de toute ses forces, il décida de suivre les instructions de cette voix afin de recouvrer la vue, et il marqua son engagement en parlant, partout où il le pouvait, de Jésus comme du Messie promis, et de l’œuvre qu’il avait accomplie sur la croix pour le salut de l’humanité.

Son témoignage est celui d’un homme sincèrement convaincu de son erreur, qui a su reconnaître qu’il s’était trompé, et qui, après cette expérience marquante, s’est laissé guider par ses nouvelles convictions intérieures, le Saint-Esprit en lui. Il a réorienté son engagement et sa vie en cohérence avec sa foi en Christ.

Reprendre les éléments les plus significatifs de la biographie de Pierre Bayle et ce qui l’a amené à promouvoir la notion de « tolérance de la conscience errante » (Cf. fichier audio ou DVD du spectacle).

 

Vidéo :  la fable du vent et du soleil

Regarder la vidéo puis faire réfléchir sur la méthode qui s’est avérée la plus efficace pour convaincre le voyageur d’enlever son écharpe : la force du vent opposée à la douceur du soleil. Adresse: https://www.youtube.com/watch?v=qPMBdPrcp2A

 

Appropriation

Ouverture sur la vie des catéchumènes par des questionnements :

Comment ce récit s’applique-t-il à moi concrètement ? Comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ceux qui pensent et croient différemment de moi ? Suis-je tolérant, ou est-ce que je cherche à les convaincre pour montrer que j’ai raison, que c’est moi qui suis dans la vérité alors que l’autre est dans l’erreur ?

Qu’en est-il de mon témoignage ? Est-ce que ma vie est en accord avec les idées et les principes auxquels je crois profondément ? avec la foi que je prétends avoir ? avec les valeurs que je proclame être vraies et justes ? Est-ce que ma démarche de témoignage, d’échange ou de partage avec mon prochain est motivée par l’amour et le respect de ce qu’il est et de ce qu’il croit fermement ou même de ses doutes ?

Donner quelques exemples concrets et personnels dans votre travail, votre voisinage, avec vos amis par exemple, dans lesquels les catéchumènes peuvent se retrouver. Pour les plus jeunes, insister surtout sur l’accueil plus ou moins chaleureux et amical qu’ils réservent parfois à ceux qui sont différents (les handicapés, les gros, les noirs, ceux qui ne sont pas très « à la mode » dans leur habillement ou leurs jeux, etc.)

La leçon à tirer de cette vidéo peut trouver une application lorsque l’on témoigne de sa foi.

En effet :

  • Soit que l’on veuille user de violence pour forcer quelqu’un à croire,
  • Soit que l’on veuille lui imposer des préceptes et des règles de vie pour qu’il cesse de commettre des « péchés »,
  • Soit que l’on multiplie les arguments pour chercher à le convaincre de croire en Dieu,

cela ne sert de rien, car :

  • la foi est avant tout affaire de cœur, et une conversion verbale sans l’adhésion du cœur n’est rien d’autre que du vent,
  • pour celui qui est perdu, il ne suffit pas de changer de mode de vie, il faut accepter l’autorité de Dieu dans sa vie
  • le meilleur « argument » de Dieu pour tous les hommes reste son amour inconditionnel, comme le soleil a déversé sa chaleur en abondance pour convaincre le marcheur de retirer son vêtement.

 

Discussion : Chrétien ? Protestant ? Frère ?

 

Réflexion sur ce que signifie être « chrétien », et être « protestant ».

On peut commencer par présenter des étiquettes avec les mots : « évangéliques », « baptistes », « presbytériens », « luthériens », « calvinistes », « apostoliques », « mennonites », « amish », « quakers », etc. pour aborder toute la diversité de l’Église universelle aujourd’hui, avec toutes les différentes dénominations qui la composent.

Montrer surtout que cette pluralité ne signifie pas que certains groupes d’Églises sont dans l’erreur alors que d’autres détiendraient la vérité suprême. La vérité est plutôt une quête individuelle et collective qui se poursuivra inlassablement jusqu’au retour final de Jésus-Christ. C’est un cheminement qui se fait souvent par paliers, comme la reconstitution d’un puzzle qui peut prendre plus ou moins de temps, mais tant qu’on n’a pas totalement reconstitué l’ensemble de ce puzzle, on est encore partiellement dans l’erreur. Heureusement, Dieu, qui connait nos cœurs, sait être patient et rempli de grâce envers nous.

Montrer que pour les chrétiens qui composent l’Église en général, cette quête a été constamment entretenue et renouvelée par les défis qui nous étaient lancés par le monde, soit par les épreuves qu’il nous infligeait, soit par les positions contradictoires qu’il nous opposait. Aujourd’hui encore, le monde nous interroge et nous remet sans cesse en question, il est donc important de pouvoir proclamer et justifier nos croyances et nos convictions en s’appuyant sur l’aide du Saint-Esprit et une bonne connaissance de la Parole de Dieu.  C’est son étude régulière et approfondie qui va alimenter notre foi et notre espérance pour nous rapprocher le plus possible de la vérité, et c’est notre attitude de tolérance et d’amour envers ceux que nous considérons être « dans l’erreur » qui va donner du poids à notre témoignage.

La tolérance s’impose donc comme une manifestation nécessaire de notre humilité devant la vérité qui n’appartient qu’à Dieu seul.

C’est en tolérant leurs errances qu’on leur permettra d’être cohérent avec leurs convictions profondes, et c’est en comptant sur l’action conjointe du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu qu’on leur permettra d’avancer dans leur quête vers la vérité.

 

Animation : le sketch des marcheurs

L’idée est de mettre en scène une situation fictive de diversité où il est important d’assumer sa différence tout en cherchant à convaincre ou influencer les autres par une argumentation choisie. Néanmoins cela devra se faire dans une atmosphère d’écoute attentive et respectueuse de l’autre et donc dans un esprit de paix et de tolérance.

Le moniteur demande à plusieurs enfants (au moins 4 ou 5) de réfléchir à des façons de marcher « originales » pour aller récupérer un objet quelconque (un foulard sur l’armoire, une boîte par terre, un parapluie derrière une chaise, etc.). Par exemple ils peuvent choisir de marcher de côté comme les crabes, marcher accroupis comme des canards, avancer à cloche pied… à l’exception bien sûr de notre façon de marcher « normale ».

Ces enfants doivent faire une démonstration de leur marche devant le reste du groupe sur un parcours linéaire délimité (de 5 à 10 mètres par exemple). Chaque marcheur devra ensuite chercher à convaincre ses camarades pourquoi c’est lui qui avait la meilleure façon de marcher, en argumentant et justifiant son point de vue.

Les enfants spectateurs décideront au final qui était le plus convainquant et efficace en fonction de l’objet à récupérer.

 

Chant : La meilleure façon de marcher

On peut ensuite faire chanter le chant: « La meilleure façon de marcher » qui se trouve sur « You tube » à l’adresse suivante : https://youtu.be/e9MjMwjjxaA

Voici les paroles:

Dans la troupe, y’a pas d’jambes de bois !

Y’a des nouilles, mais ça n’se voit pas ! (Variante: La démarche s’en ressent parfois !)

La meilleure façon de marcher, c’est encore la nôtre ! (Variante: Qui doit être la nôtre !)

C’est de mettre un pied d’vant l’autre … et d’recommencer ! 

 

On fait alors réfléchir les catéchumènes sur le fait qu’un petit enfant ne marche pas comme un jeune adolescent, qui n’a pas la même démarche qu’un adulte ou un vieillard.

Il nous semble évident que la marche se fait en mettant un pied devant l’autre, mais cela n’a pas toujours été aussi facile tout de même. Nous voudrions tous dire aux autres comment ils devraient penser, réfléchir, se comporter, etc. parce que nous sommes tous convaincus que notre méthode est forcément la meilleure. Mais une girafe peut-elle imposer une autre façon de marcher à un canard ? ou à un kangourou ? ou même à un poisson ou un oiseau ? Ce sont des questions que l’on peut se poser.

 

Dans les Églises, les sensibilités peuvent varier, les façons de s’exprimer également (certains sont plus expressifs que d’autres), mais la vérité reste une car Jésus nous dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi »

On peut rajouter deux autres versets :

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Éph 4.1-6)

ou :

« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients.… » (Col 1.9-11)

 

Activité : changeons de point de vue !

Création d’anamorphoses de mots ou serpents de mots ou mots en miroir.

Une anamorphose de mot est une distorsion ou une déstructuration du mot qui ne permet pas de le lire correctement, sauf si l’on se place d’un certain point de vue qui donnera la “clé” pour accéder à la lecture du mot. L’objectif est ici de montrer qu’en changeant de point de vue, ce qu’on voit ou perçoit peut-être totalement différent de notre première approche !

Montrer d’abord un exemple d’anamorphose de mot. Exemple avec le texte « DIEU EST AMOUR »

AnamorphosePour l’exemple ci-dessus, le texte devient lisible quand on positionne son regard au même niveau que la feuille posée à plat sur une table. L’effet de la perspective étant ainsi réduit, les lettres semblent moins allongées et il devient plus facile de lire le texte !

On peut ensuite donner à chaque enfant un “mot secret” différent (ou groupe de mots) à reproduire également sous forme d’anamorphose.

Les autres enfants devront essayer de déchiffrer le mot de leurs camarades. En collectant toutes les réponses, ils devraient pouvoir reconstituer un verset (par exemple Jean 4.24 « Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » qui résume le fait qu’on ne peut forcer quelqu’un à croire s’il n’en a pas la conviction, on ne peut adorer Dieu que « en esprit et en vérité »!)

 

Les serpents de mots sont des phrases écrites sans séparation ni ponctuation entre les mots. Les enfants doivent reconstituer la phrase qui est cachée dans le serpent de mots.

Exemple avec la phrase: « Dieu est esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » :

 

Les mots en miroir se lisent à l’aide d’un miroir.

Exemple avec « Dieu est esprit »:

Autres exemples de lettres disposées à des distances différentes et qui forment des mots quand on les regarde d’un certain point de vue.

Boum 1

Boum 2

Chic 1

Chic 2

Foot1

Foot2

On peut faire créer aux enfants un décor d’anamorphose avec des mots courts de 4 lettres.

Voici des vidéos pleines d’ingéniosité qui jouent à fond sur les effets d’anamorphoses:

https://youtu.be/tBNHPk-Lnkk

 

Temps de prière

Utiliser des supports tels que :

  • Cocotte de prière (origami), tutoriel sur

choisislavie.eklablog.com/cocotte-de-priere-a88371143

  • Galets
  • Cube de prière (image collée ou dessinée sur chaque face du cube)

 

Ou utiliser des mots clés comme : pardon, perdu, retrouvé, peur, erreur, ne pas forcer…

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