Séquence 2 : Animation pour les 15 ans et plus

Objectifs de séance

  • J’apprends à me positionner personnellement devant des « cas de conscience » et je teste ma « sagesse » devant ces situations délicates.
  • Je réfléchis à la difficulté de juger les situations complexes avec sagesse et de manière juste.
  • J’essaye de réfléchir à mes propres réactions face à la contradiction, c’est-à-dire quand quelqu’un pense de manière différente de moi.
  • 1 Rois 3.16-28: le jugement de Salomon
  • Romains 12.2: le renouvellement de l’intelligence

 

Grand Jeu : « Le Scrupule »

  • Le principe :
  • Le principe consiste à jouer avec des situations plus ou moins complexes pour se mettre devant des « cas de conscience » et tester la « sagesse » des joueurs devant ces situations délicates.

 

Le déroulement et la règle du jeu

  • – Les adolescents sont en équipes de trois, cinq ou sept, selon leur nombre total, de façon à constituer environ cinq équipes.
  • – Les invités : huit à dix adultes de métiers différents, appartenant aux différents groupes de la paroisse, hommes et femmes, de diverses générations, sont assis en rang face aux équipes qui elles sont en demi-cercle. Il est important de conserver de l’espace entre les équipes et les invités
  • – Tous les invités se présentent : métier, âge, appartenance ecclésiale, loisirs, engagements bénévoles, militances…
  • – Chaque équipe tire une question dans les cartes « questions de scrupules ». Ils doivent discuter jusqu’à se mettre d’accord sur la réponse, puis ils inscrivent leur réponse de groupe sur leur carte. On ne peut répondre que « oui » ou « non » ou « cela dépend ».
  • – Le meneur de jeu donne alors la parole à la première équipe. Elle pose sa question à l’invité de son choix. Celui-ci répond alors en conscience. Comme les équipes, il ne peut répondre que « oui », ou « non », ou « cela dépend ».
  • Si la réponse de l’invité correspond à celle de l’équipe, cette dernière reçoit trois traces de pas en papier. Elle les pose sur le sol, comme pour tracer un chemin entre elle et l’invité. (Le nombre de traces de pas données à chaque fois dépend de la taille de la pièce. Si en six traces une équipe a rejoint un invité, l’on peut en donner moins. S’il faut vingt traces pour parcourir la distance, l’on peut en donner plus. Et rien n’empêche le meneur de jeu de décider à un moment d’augmenter ou de diminuer les traces gagnées au tour suivant.)
  • Si la réponse de l’invité est différente de celle de l’équipe, cette dernière peut décider de « contester » le choix de l’invité. Celui-ci a droit à deux minutes pour expliquer sa réponse. Puis c’est l’équipe qui, en deux minutes, tente de convaincre l’assistance de l’«erreur» de l’invité. Puis tous les joueurs et invités, sauf l’équipe et l’invité attaqué, votent : l’invité est-il dans l’ « erreur » ?
  • Si le vote donne raison à l’équipe (carte « diable »), elle gagne quatre traces.
  • – Si le vote donne tort à l’équipe (carte « ange »), elle perd deux traces.
  • – Le meneur de jeu donne ensuite la parole à l’équipe suivante qui pose sa question à l’invité de son choix, etc.
  • – Quand chaque équipe a posé sa question, le meneur de jeu refait tirer une nouvelle carte « questions de scrupule » à chaque équipe.
  • – Quand l’on décide d’arrêter de jouer, le meneur de jeu compte le nombre de traces gagnées par chaque équipe, celle qui en a le plus gagne. L’on peut aussi donner des traces supplémentaires à l’équipe qui s’est confrontée au plus grand nombre d’invités (il faut alors tenir ce compte et donner ce point de la règle avant de commencer, ou au début du deuxième tour.)
  • Matériel nécessaire (voir annexes sur appelesalaliberté.editions-oivetan.com) :
  • – les cartes «questions de scrupule» : recopier chaque question en haut d’une fiche bristol.
  • – des cartes pour voter : un bristol par joueur avec d’un côté un « diable » qui voudra dire «il est dans l’erreur» et de l’autre côté un ange qui voudra dire «il est dans la vérité».
  • – Des traces de pas à découper dans du papier de couleurs (si possible une couleur par équipe). En avoir d’avance et être prêt à en découper sur place en cas de manque.
  • – une montre avec trotteuse ou un chrono.
  • – un stylo par équipe.

 

Animation biblique : 1 Rois 3.16-28, le jugement de Salomon

  • Le jugement de Salomon, est un épisode de la vie du roi Salomon qui est raconté dans le premier livre des Rois(3.16-28). Le roi Salomon tranche le litige entre deux femmes qui prétendent être la mère d’un même enfant. La solution trouvée par Salomon – couper l’enfant en deux et en remettre une moitié à chacune des femmes – permet se découvrir quelle est la vraie mère (celle qui refuse le verdict et préfère que l’enfant vive, et qui ainsi pourra le voir). D’après la Bible, cet épisode illustre la sagesse du roi. Comme l’écrit le pasteur Patrice Rollin : « Le français est bien injuste avec Salomon. Car en français l’expression “un jugement de Salomon” est souvent employée à tort dans la presse pour désigner un jugement en demi-teinte qui ne satisfait personne en refusant de trancher clairement. Un jugement “qui coupe la poire en deux” . Si l’épisode biblique était vraiment connu, cette expression “un jugement de Salomon” devrait au contraire désigner une décision de justice particulièrement nette, juste et habile, et qui manifeste une intelligence aiguë de la situation. »
  • Juger, et bien juger selon les jugements de Dieu, est donc dans la Bible, et dans tout l’Orient ancien, une attribution essentielle du roi. Gouverner et bien juger vont ici de pair ; on ne parle pas encore de séparation des pouvoirs à l’époque ; encore que comme source de la justice est en Dieu, cela induit logiquement la possibilité d’un jugement par Dieu du pouvoir lui-même. C’est dans ce sens qu’un des livres de la Bible s’intitule “Juges”. Ceux qui sont ainsi dénommés sont d’abord des personnages charismatiques suscités par Dieu. Leur fonction essentielle n’est donc pas d’abord de juger, ni d’exercer la justice dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui, mais bien de gouverner temporairement le peuple et quelquefois de combattre les agresseurs du peuple d’Israël. Et pourtant, ces hommes sont quand même appelés des ‘juges’, et il est écrit qu’ils jugent Israël, c’est-à-dire qu’ils le gouvernent sous la direction de Dieu. »

 

Proposition d’animation :

Étape 1 : Lire les versets 16-22 pour poser la situation. Laisser réagir librement (5 mn).

Étape 2 : En répartissant les enfants par petites équipes de 3 maximum, demander à chaque équipe d’imaginer la suite de l’histoire et de la jouer en la transposant aujourd’hui (10 mn).

Étape 3 : Faire jouer les suites possibles par les différentes équipes.

Étape 4 : Faire voter tous les enfants, chacun selon son opinion, quelle a été l’attitude la plus sage ? Pourquoi ? (10 mn)

Étape 5 : Lire les versets 23-28. Laisser réagir librement puis questionner à partir du verset 28 : en quoi Salomon a-t-il montré qu’il avait la sagesse de Dieu en rendant son jugement ?

Étape 6 : Lire Romains 12.2. Questionnements possibles : qu’est ce que cela veut dire pour vous de « vivre selon les coutumes du monde » ? Qu’est ce que cela signifie « renouveller son intelligence » ?

Étape 7 : Faire le lien avec l’histoire de Calvin et Castellion à propos de la condamnation à mort de Michel Servet.

 

Repères historiques : L’affaire Michel Servet

  • Visualisation de la séquence du spectacle sur le DVD.

Débat :

  • Il est intéressant d’essayer d’évaluer le débat entre Calvin et Castellion à la lumière du jugement de Salomon qui permettait de constater « que Dieu l’a rempli de sagesse pour rendre la justice » (1 Rois 3.28) comme sur l’appel de Paul aux Romains à ne pas suivre « les coutumes du monde où nous vivons » mais de laisser Dieu nous transformer en nous « donnant une intelligence nouvelle ». En essayant d’échapper à la caricature et à l’anachronisme qui jugerait le « méchant » Calvin face au « gentil » Castellion, c’est l’occasion d’une discussion avec les catéchumènes pour réfléchir avec eux sur l’intelligence et la sagesse qui vient de Dieu et qui permet de prendre des décisions justes dans des situations complexes.
  • On peut relancer la discussion à partir de la question de principe : a-t-on le droit de tuer quelqu’un parce qu’il ne pense pas de la même manière que nous ? Laisser les catéchumènes réagir librement : la question est brûlante d’actualité… Mais que nous dit la Parole ? Elle est riche de conseils ! Pour avancer face à cette question, vous pouvez simplement lire Luc 6.27-37 ou quelques passages des exhortations données en 1 Corinthiens 4.1-5 ou 2 Timothée 2.1-26. Engagez une discussion sur ce qu’on peut / ne peut pas faire ou sur ce qu’on devrait / ne devrait pas faire.

Et nous, nous arrive-t-il aussi parfois de basculer du côté obscur de notre personnalité et de nous montrer durs et intransigeants vis-à-vis des autres, de ceux qui ne pensent pas comme nous, qui contestent nos croyances, ceux qui agissent à l’opposé de nos méthodes ?

Peut-on vraiment changer la façon de penser de ces personnes ? Quelle est la place de notre témoignage en cas de confrontation ? Quelle est la place / l’importance de la Parole de Dieu ? (lire 2 Tim 3.1-17 mais surtout à partir du verset 10 et 2 Tim 4.1-5) ? Quelle est la place du Saint-Esprit ? (vous pouvez lire aussi Gal 5.18-26 ou Eph 6.11-17)

 

Être témoin : soirée ACAT

  • Une animation passionnante pour les jeunes consiste à faire appel au responsable ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) de la paroisse ou d’une paroisse voisine pour recevoir son témoignage et découvrir l’engagement de ces chrétiens auprès de ceux qui sont devenus invisibles aux yeux de tous.
  • http://www.acatfrance.fr/
  • Il est aussi possible de visionner la vidéo de présentation de l’ACAT : https://www.acatfrance.fr/public/acat-web_low.mp4
  • Pourquoi ne pas proposer aux parents des catéchumènes de signer un appel de l’ACAT pour tel ou tel détenu ?

 

Temps de prière

  • Si vous avez fait le choix d’inviter un représentant de l’ACAT pour cette séance de caté, nous vous proposons d’utiliser l’annexe 3 : « Prier et méditer avec l’ACAT pour construire un moment de culte ».
  • Sinon , le temps de prière peut être centré sur les questions difficiles qui tiraillent la conscience des catéchumènes, pas forcément pour les exposer en public mais pour donner un temps de méditation en silence, un caillou à la main qui symbolise ce poids porté au fond de son cœur. Un temps de soulagement – allègement pourra être proposé aux jeunes en déposant symboliquement ce caillou et en signifiant le repos reçu en Christ (Matthieu 11.28-30).

Romains 12.2 peut être le support d’une prière collective pour demander à Dieu « le renouvellement de notre intelligence » et la sagesse pour apprendre à discerner « ce qui est bon, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. »

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